Nation of Islam
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Nation of Islam (Nation de lislam), est une organisation politique et religieuse américaine, à lorigine de la plupart des organisations musulmanes actuelles de la communauté afro-américaine. Labsence de statistiques disponibles sur la questionNation of Islam ne publie pas de statistiques. entraîne des estimations très divergentes, mais il y aurait en 2007 de 20 à membres, et peut-être une centaine de milliers de sympathisantsVoir par exemple
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244758214?a=o&d=5007106053" title="The Impact of Al-Islam on the African American Population" target=_blank>The Impact of Al-Islam on the African American Population..
Nation of Islam a été fondée à Detroit, dans le Nord des États-Unis, en 1930, par Wallace Fard Muhammad, que la Nation de lislam pense être le « Messie » (ou « Mahdi ») attendu par les musulmans, et même Allah incarné. Lidéologie développée par lorganisation est un mélange de nationalisme afro-américain et de religion. Cette dernière est inspirée par lislam, mais reste éloignée de lislam orthodoxe. La NoI (Nation of Islam) est donc considérée comme une secte par la majorité des organisations musulmanesVoir par exemple le point de vue du site musulman francophone info-islam. Voir aussi le site musulman anglophone The Problem with the "Nation of Islam"..
Si Wallace Fard Muhammad est bien le créateur de lorganisation, cest son successeur Elijah Muhammad qui, entre 1934 et 1975, lui a donné son orientation, son organisation et sa puissance. Malcolm X a été lune des figures les plus en vue de lorganisation, jusquà sa rupture avec celle-ci, dont il dénonce le racisme au retour dun pèlerinage à La Mecque effectué en 1964.
Nation of Islam se transforme officiellement en mouvement musulman sunnite peu après la mort dElijah Muhammad, en 1975. Un groupe de militants refusant cette orientation quitte lorganisation en 1978, et reprend le nom de Nation of Islam, qui venait dêtre abandonné par lorganisation mère. Fidèle à lidéologie des origines, malgré certaines évolutions, la « nouvelle » NoI est dirigée depuis la scission de 1978 par Louis Farrakhan. Celui-ci est au début du un leader en vue de la communauté afro-américaine. Son discours communautaire, insistant sur la nécessité pour les Noirs de faire des études, de développer leur statut socio-économique et de lutter contre la délinquance a une influence qui dépasse largement les cercles religieux de la NoI. Ses discours ambigus, plus ou moins hostiles aux Blancs et aux JuifsCharles Bierbauer, correspondant à Washington, Article de CNN publié sur le web, le 17 octobre 1995. http://www.cnn.com/US/9510/megamarch/10-17/notebook/index.html ont cependant créé de nombreuses polémiques autour de lui.
Au plan politique, on peut en particulier citer la Universal Negro Improvement Association and African Communities League ou UNIA, créée aux États-Unis par Marcus Garvey en 1917, qui militait pour le retour des Noirs en Afrique, et développait un vigoureux nationalisme noir.
Au plan religieux, divers groupes (se réclamant du Judaïsme, du Christianisme ou de lIslam) développaient une pensée tournée de façon privilégiée vers les Noirs. Parmi eux une organisation se réclamait de lIslam : le Moorish Science Temple of America, fondé en 1913 par Timothy Drew, plus connu sous le nom de Noble Drew Ali. Cette organisation offre un certain nombre de ressemblances avec ce que sera Nation of Islam à partir de 1930, et semble donc lavoir influencée.
On connaît très peu de choses à son sujet ou sur son idéologie précise. Pour la Nation de lislam, il serait venu au monde en 1877 à La Mecque, en Arabie saoudite, avant de venir prêcher le peuple noir en Amérique, puis dabandonner son incarnation physique en 1934, date à laquelle il disparaît mystérieusement. Pour le FBI, il sappelait en fait Wallace Dodd Ford ou Wallace Dodd, né en 1891 en Nouvelle-Zélande, et serait un métis blanc-polynésien arrivé aux États-Unis en 1913. Il aurait été arrêté en 1918 pour attaque à main armée, de nouveau arrêté au début de 1926 pour infraction à la loi californienne de prohibition de lalcool, et enfin aurait fait de la prison de 1926 à 1929 pour infraction à la législation sur les stupéfiants. Il se serait alors installé à Detroit, avant de créer Nation of Islam en 1930Synthèse du FBI du 5 mars 1965, page 4 du dossier du FBI concernant Wallace Fard Muhammad (en anglais).
En novembre 1932 éclate une affaire qui menaça la jeune organisation. Un sacrifice humain fut commis par un membre, Robert Karriem (né Harris) qualifié de « déséquilibré ». Fard fut arrêté avec Karriem. Daprès le rapport de police de lépoque, il aurait nié toute responsabilité dans le crime. Au cours de linterrogatoire, il aurait fini par indiquer que la création de lorganisation était . En 1934, sous la pression de la police, il aurait quitté Detroit. Le dossier du FBI propose plusieurs hypothèses quant à ce quil serait devenu par la suite, mais na pas dinformation directe sur ce sujet. Il sagit essentiellement de références à dautres sources, comme des articles de journaux.
Quelles que soient les motivations réelles du créateur de lorganisation, celle-ci regroupe après sa disparition de 1934 un petit groupe dadhérents convaincus et militants, qui en feront en une trentaine dannées une organisation forte de dizaines de milliers dadhérents.
Elijah Poole est né en Géorgie (sud des États-Unis), mais sest installé à Detroit (Nord des États-Unis) en 1923. Il suivait en cela la grande migration des noirs de lépoque, depuis le sud agricole, pauvre et ségrégationniste des États-Unis, vers le nord industriel, plus riche et un peu plus tolérant à légard des noirs. Mais même dans le Nord, les discriminations raciales persistent, engendrant . À Detroit, Poole entre en contact en 1931rapport du FBI N° 100-6582 du 09/11/1943, page 18 du dossier du FBI., Brief history on the origin of The Nation of Islam in America A Nation of Peace & Beauty, sur le Site officiel de la NoI. avec Fard Muhammad, et rallie son organisation naissante. Il prend le nom de Elijah Muhammad, mais se fait aussi connaître sous les noms de Gulan Bogans, ou de Mohamed Rassoul.
Après la disparition du fondateur, Elijah Muhammad serait entré dans un bref conflit avec dautres leaders de lorganisation, conflit qui lamène à sinstaller avec ses partisans à Chicago, loin de la faction hostile de Detroit. Il sort finalement vainqueur de laffrontement, saffirmant comme le chef incontesté de la NoI. Claude CleggClaude Andrew Clegg est professeur dhistoire à luniversité de lIndiana, à Bloomington. Il est lauteur de divers articles sur Nation of Islam, et du livre An Original Man: The Life and Times of Elijah Muhammad, St. Martins Griffin, janvier 1998, . parle à propos de la NoI de lépoque dun climat de Article de Claude Clegg dans le Journal for MultiMedia History, 1998 : http://www.albany.edu/jmmh/vol1no1/elijahmuhammad.html. Pour Nation of Islam par contre, cest Wallace Fard Muhammad qui Brief history on the origin of The Nation of Islam in America A Nation of Peace & Beauty, sur le Site officiel de la NOI.. Désormais à la tête de lorganisation, il prend le titre de « messager de Dieu », sous lequel lorganisation continue aujourdhui à le désigner. Il commence à étendre celle-ci, encore limitée en 1934 à Detroit et Chicago. Cest le Nord-Est industriel qui savère le plus réceptif. Muhammad y crée une série de temples (qui seront plus tard rebaptisés mosquées), et les appelle selon leur numéro de création. Ainsi, à New York, la mosquée historique est toujours désignée sous le nom de mosquée numéro 7 (à lorigine temple N° 7), parce que cest la septième fondée (ou visitée) par Elijah Muhammad.
On peut aussi noter une forte croyance en la numérologiePour un exemple de raisonnement numérologique, voir le chapitre 55 de Message to the Blackman in America, par Elijah Muhammad, 1965. Voir le chapitre 55., ce qui aura dailleurs une influence importante sur le mouvement après la mort de Elijah Muhammad, avec le choix du septième fils de Muhammad comme nouveau leader.
Il y a des positions communes avec lislam ou le christianisme : interdiction des relations sexuelles hors mariage, affirmation des , rôle dirigeant de lhomme au sein de la cellule familiale. Ainsi, indique le site officiel de la NoI, Brief history on the origin of The Nation of Islam in America A Nation of Peace & Beauty, sur le Site officiel de la NOI..
La consommation de porc est interdite, conformément à lenseignement de lislam. La NoI insiste aussi sur le respect des cinq Piliers de l'islam. La consommation de drogue, mais aussi de tabac et dalcool est déconsidérée, en accord avec la vision musulmane traditionnelle.
Sur le site français de la Nation de lislam.Voir Table des peuples. La religion des Blancs, le christianisme, est la religion de lesclavage et du mal. Lislam orthodoxe admet par contre dans une certaine mesure la validité du christianisme
Le Coran admet également les évangiles, et reconnait la sainteté de Marie et de Jésus, ce dernier considéré comme un envoyé de Dieu parmi d'autres.. On note cependant que sous la direction de Louis Farrakhan, le discours sest en partie infléchit. Si le christianisme reste responsable de lesclavage, il est admis quil est porteur dune certaine valeur sil se libère de son racisme historique : Louis Farrakhan, LA GRACE DE DIEU - « Extrait dun discours délivré par le Ministre Louis Farrakhan le 25 novembre 1990 à la Mosquée Maryam », traduit sur le site français de la Nation de lislam http://nationdelislam.com/site/index.php?option=com_content&task=view&id=23.. Tout comme dans lislam, lacceptation du christianisme existe aujourdhui partiellement. La thématique est cependant différente. Lislam critique la déification de Jésus, quand la Nation de lislam critique surtout le racisme du christianisme ayant permis lesclavageIl a cependant existé d'autres traites, mais sans rapport avec le sort des Noirs américains, et ignorées par la NOI. Voir les articles Traite musulmane et Veritas ipsa..
Il y a enfin certaines influences chrétiennes. Les lieux de culte sont à lorigine appelés des temples, par exemple. Les ministres du culte sont appelés « ministers », et non imam.
Cette idée sexprime au niveau territorial par la volonté de créer un État indépendant noir, par exemple dans le Sud des États-Unis, quitte à organiser un déplacement massif des Noirs vers ce nouveau pays. Point 4 du Muslim program de 1965, toujours en vigueur Site officiel de la NOI.. Ce projet na cependant jamais réellement été soutenu par des initiatives concrètes : ».
Le changement de nom, et parfois du prénom, est une règle de la communauté, et serait dû à un commandement de Wallace Fard Muhammad lui-même. Il sagit pour le nouvel adhérent daffirmer la rupture symbolique avec son passé dincroyant, mais aussi dexprimer le refus du , et donc lindépendance vis-à-vis du monde blanc. Les déportés africains aux États-Unis recevaient en effet un prénom chrétien et un nom de familleLe nouveau nom de famille pouvait être le nom de famille du propriétaire, celui dune personnalité quappréciait ce dernier, ou une caractéristique physique du déporté., tous deux imposés par le propriétaire du nouvel esclave.
Les prénoms des nouveaux membres de la NoI ne sont pas toujours changés, mais quand ils le sont cest au bénéfice de prénoms islamiques. Les noms de familles sont également fréquemment changés, généralement en faveur dun nom musulman, mais parfois aussi dun nom africain ou dun « X » symbolique, exprimant leffacement du patronyme historique par lesclavage.
Lindépendance doit aussi se construire dans le domaine économique. Nation of Islam a très tôt insisté sur la nécessité pour les Noirs en général, et les « Musulmans noirs » en particulier, de construire des entreprises noires et dacheter préférentiellement dans ces entreprises. Il sagit dune part dacquérir un statut social plus favorisé, et dautre part de ne plus dépendre des patrons blancs, accusés de racisme. À ce titre, lorganisation a créé dès les années 1930 des entreprises sous son contrôle, mais a aussi encouragé ses membres à créer leurs propres entreprises, tout en favorisant lemploi des membres de la communauté et les relations économiques avec les autres sociétés « musulmanes ». Le succès a été en partie au rendez-vous, et un tissu petit mais actif dentreprises liées directement ou indirectement à la NoI sest affirmé avec les années.
Un code vestimentaire exprimant cette volonté dascension sociale est demandé aux membres de lorganisation. Pour les hommes, il sagit du port dun strict costume trois-pièces, avec cravate, ou fréquemment avec un nud papillon. Pour les femmes, il sagit de tenues modestes mais correctes. Dun point de vue général, Nation of Islam demande à ses membres de rejeter tout laisser-aller vestimentaire exprimant léchec social, et daffirmer symboliquement leur volonté dascension sociale.
Lindépendance doit enfin se construire dans le domaine intellectuel. La NoI accuse en effet le système américain de léducation davoir toujours maintenu les Noirs dans une situation déchec scolaire et dexclusion des universités (situation qui a cependant beaucoup évolué depuis les années 1960), et davoir développé des programmes ethno-centrés développant le mépris pour les Noirs et les civilisations extra-européennes. À ce titre
Dès les années suivant la disparition de son fondateur, Nation of Islam met en place le Saviors Day (jour du sauveur), chaque 26 février, date anniversaire de la naissance supposée du Selon le texte de la prière du Saviors Day de 1936 http://www.muhammadspeaks.com/HappySavDay1936.html. Avec le temps, le Saviors Day est devenu une fête religieuse importante de la communauté, servant de marqueur de lidentité de celle-ci, et donnant certaines années lieux à des rassemblements de masse.
En 1934 a lieu la première diffusion de The Final Call to Islam, premier journal de la NoIDaprès larticle de Askia Muhammad publié sur le site de The Final Call (actuel hebdomadaire de lorganisation) le 10 mars 2000 http://www.finalcall.com/national/savioursday2k/m_speaks.htm.. Celui-ci et ses successeurs auront des publications intermittentes, mais qui se renforceront avec le temps, améliorant la capacité de communication de la NoI.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la jeune organisation, encore très modeste, a déjà ses lieux de culte (encore appelés « temples » à lépoque), son idéologie, son encadrement, ses fêtes religieuses et ses organes de communication.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Nation de lislam affirme son opposition au gouvernement américain en refusant toute collaboration à leffort de guerre. Daprès un rapport du FBI N° 100-9129 du 30 septembre 1942, Elijah Muhammad aurait, . Daprès un rapport du FBI du 19 décembre 1942, Elijah Muhammad serait à cette date (il a été arrêté fin septembre 1942). En 1943, encore très petite, Nation of Islam est décrite par un rapport du FBI comme étant pour leffort de guerre en indiquant . Ce rapport indique aussi que Rapport du FBI N° 100-12899 du 10/08/1943. Dossier PDF http://foia.fbi.gov/fard/fard1.pdf, P. 19..
Ces rapports confirment le rapport très oppositionnel des membres de la NoI avec le gouvernement américain, même en période de crise. La NoI nayant que quelques centaines de membres à lépoque, son impact sur leffort de guerre américain a été nul. La guerre a cependant été un moment où lorganisation a pu affirmer de façon spectaculaire son opposition frontale au , contribuant ainsi à se faire connaître.
Après la guerre, la pression policière sestompe, et la NoI peut reprendre ses efforts de développement. Muhammad lui-même sort en 1946 de la prison fédérale de Milan, Michigan, ou il se trouvait depuis 1942. En 1952, la NoI recrute Malcolm Little, plus connu sous le nom de Malcolm X, qui deviendra un artisan important du fort développement des années 1950 et du début des années 1960.
Malcolm Little (1925-1965) est né à Omaha, dans le Nebraska. Son père était un prédicateur baptiste et un défenseur de Marcus Garvey (un nationaliste noir), et est mort de façon controversée (peut-être assassinéLa police a considéré la mort comme un suicide, ce que conteste Malcolm X. Voir Malcolm X et Alex Haley, The Autobiography of Malcolm X, p.11, ) en 1931. Après une scolarité prématurément interrompue et des placements dans différents foyers daccueil, Malcolm Little sinstalle à Boston, chez sa demi-sur, puis part pour Harlem (New York), où il devient rapidement un délinquant.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est réformé 4-F (mentalement perturbé)Voir la page 6 du dossier du FBI.. Daprès son autobiographie, il aurait déclaré, en vue dêtre refusé, quil voulait une arme pour , terme péjoratif désignant les blancs. Bien avant son autobiographie, le FBI cite dailleurs un courrier du 29 juin 1950 ou il écrit Page 7 du dossier du FBI..
À 21 ans, en 1946, il est condamné à une peine de huit à dix annéesAux États-Unis, les peines de prison peuvent être définies par une fourchette, la durée précise étant décidée plus tard, au vu du comportement du prisonnier. de prison suite à des cambriolages. En 1948, son frère Reginald, qui sest converti à Nation of Islam, lui adresse un courrier où il le presse de se convertir, ce quil fait peu de temps après. Après sa conversion, il devient un prisonnier avide de lecture, se constitue une bonne culture autodidacte et commence à correspondre par courrier avec Elijah Muhammad.
Après sa libération en août 1952, il rencontre celui-ci à Chicago. Selon une des pratiques de la NoI, il change son nom de familleEn Amérique, les noms de famille des Noirs datent en général de la période de lesclavage et ont été donnés par les propriétaires desclaves, doù leur refus par Nation of Islam. Les noms sont remplacés par des noms musulmans, africains, ou par un « X » exprimant linconnue du nom originel africain., et prend celui de « X ». Repéré par Elijah Muhammad, il devient un prêcheur efficace et dynamique, dune grande loyauté vis-à-vis de celui-ci. Pour ces raisons, il monte rapidement les échelons de la petite organisation quest encore Nation of Islam.
Six mois seulement après sa libération, en février 1953, preuve de son importance croissante, le FBI ouvre un dossier le concernant. Il y est suspecté de sympathies communistesVoir le dossier du FBI sur Malcolm X, mis en ligne dans le cadre du Freedom information act..
En 1953, à 27 ans, il devient dabord un assistant du temple N° 1, puis le responsable du temple N° 11, à Boston. En 1954, il devient celui du temple N° 7 de Harlem (New York), sur Lenox Avenue, puis ouvre de nombreux temples à travers le pays. Le rapport du FBI du 16 mars 1954 le décrit . Ses discours enflammés et sa personnalité charismatique en font bientôt lhomme le plus en vue de Nation of Islam après Elijah Muhammad.
Lorganisation se développe rapidement dans les milieux noirs et pauvres, et bénéficie également indirectement du développement de la lutte pour les droits civiques des Noirs (à partir de 1955) ainsi que du développement du militantisme noir qui laccompagne. Les prêches ont un succès particulier dans les prisons.
Entre 1952 et 1963, Nation of Islam serait passé de 500 à membresVoir la page consacrée à Malcom X sur le site de Radio-Canada, ou The official website of Malcolm X.. Cette croissance spectaculaire est due à la rencontre entre le réveil du militantisme noir dans tout le pays et une idéologie de la fierté noire particulièrement radicale. Mais il est indéniable quelle est aussi largement due à lactivité missionnaire de Malcolm X. Cest dans le cadre de cette croissance spectaculaire des adhésions quen 1955 Louis Eugene Walcott, chanteur de Calypso et violoniste, rejoint la Nation de lislam, et prend le nom de Louis Farrakhan. Nation of Islam attire aussi le célèbre boxeur Cassius Clay, qui prendra le nom musulman de Mohammed Ali.
À partir de la fin des années 1950, la NoI gagne une visibilité médiatique croissante. Cest en particulier le documentaire télévisé de Mike Wallace en 1959, The Hate that Hate Produced (« la haine que la haine a produit »), qui révèle la NoI au niveau national. Meilleur orateur de lorganisation, Malcolm X devient un habitué des plateaux télévisés, et est régulièrement interviewé par la presse écrite et radiodiffusée. À lheure des premières indépendances africaines et de la lutte pour les droits civiques des Noirs, la croissance rapide de la NoI inquiète et fascine les médias. Preuve de limportance croissante de lorganisation, X est intégré en tant que représentant de la NoI au sein dun comité de personnalités noires de divers horizons qui rencontre Fidel Castro le 19 septembre 1960Voir le site de la Columbia University, lors de la visite de celui-ci aux États-Unis.
Le 24 décembre 1959, Elijah Muhammad et ses fils font le pèlerinage à La MecqueLivres : Eric Lincoln, The Black Muslims in America ; Louis Lomax, When the word is given ; E.U. Essien-Udom, Black Nationalism.. Malgré son éloignement de lislam orthodoxe, les autorités saoudiennes ont laissé le leader de Nation of Islam participer au hadj pour des raisons inconnues, peut-être par ignorance de lorganisation.
Malcolm X nest pas le seul vecteur médiatique de lorganisation. Celle-ci sexprime aussi largement à travers la presse noire américaine. . Certains de ces journaux avaient une large diffusion, puisque le The Pittsburgh Courier auraient distribué copies par semaine en 1957.
Au début des années 1960, Elijah Muhammad souhaite cependant bénéficier de son propre organe de presse. Les publications de lorganisation existaient depuis les années 1930 (première publication de The Final Call to Islam en 1934), mais manquaient de régularité et denvergure. En 1961 parait le journal national Muhammad Speaks. Celui-ci reprend partiellement le titre dun journal local créé à New York en 1960 par Malcolm X (alors à la tête du temple N° 7) : Mr. Muhammad Speaks. Daprès The Final Call (hebdomadaire de la NoI), la création du nouveau journal est aidée par . Le journal paraît au départ mensuellement, mais gagne progressivement en diffusion, touchant un public noir pouvant aller au-delà du cercle de la communauté. En 1969, le journal aurait diffusé exemplaires par semaine, et jusquà en 1974.
Enfin, dans les années 1950 se développe ce qui est souvent présenté comme la branche paramilitaire de lorganisation : Fruits of Islam. Fruit of Islam est présenté par la NoI comme le service dordre de lorganisation, dédié à la sécurité des responsables et des militants. Pour ses détracteurs, Fruits of Islam est en fait une force paramilitaire potentielle. Le groupe recrute chez des anciens policiers, militaires, mais aussi délinquants, et applique une très stricte discipline interne.
Tout dabord des affaires de murs : des rumeurs couraient depuis quelque temps sur les nombreux adultères commis par Elijah Muhammad avec de jeunes secrétaires du mouvement. Warith Deen Muhammad, le propre fils dElijah Muhammad, et un ami proche de X, informa ce dernier Brother Minister: The Martyrdom of Malcolm X, Alona Wartofsky, Washington Post, 17 février 1995, http://www.washingtonpost.com/wp-srv/style/longterm/movies/videos/brotherministerthemartyrdomofmalcolmx_c0098f.htm. Ladultère est totalement contraire aux enseignements de Nation of Islam. Après avoir écarté ces informations, Malcolm X aurait fini par en obtenir confirmation en 1963. Elijah Muhammad lui-mêmeDaprès lautobiographie de Malcolm X, 1965, P. 299 de lédition américaine. aurait fini par indiquer quétant lenvoyé de Dieu sur terre, il nétait pas soumis aux même règles que le commun des mortelsNation of Islam conteste, et parle dune . Voir An historical look at the honorable Elijah Muhammad.. Ces évènements semblent avoir fortement altéré la confiance de X dans la sainteté dElijah Muhammad.
Le second sujet de divergence porte sur la politique : Malcolm X était intéressé par le mouvement pour les droits civiques des Noirs tels quil se développait depuis 1955. Si lidéologie officielle du mouvement était opposée au nationalisme noir, et revendiquait simplement un statut daméricain normal pour les Noirs, X considérait quil devait y avoir une présence des nationalistes noirs et des black muslims dans ce qui apparaissait comme le premier grand mouvement de masse noir de lhistoire des États-Unis. Elijah Muhammad était par contre hostile à la fin de la ségrégation raciale : THE MUSLIM PROGRAM, texte dElijah Muhammad, sur le site officiel de la NOI. et au soutien à un mouvement dans lequel se trouvaient de nombreux blancs progressistes. Il craignait la dissolution des Noirs dans un ensemble américain dominé par les Blancs.
Le troisième contentieux porte sur la religion : Malcolm X a commencé à sintéresser à lislam sunnite officiel, et sest rendu compte que la religion prêchée par Elijah Muhammad en était très éloignée. Lintérêt montré par X à légard de lislam orthodoxe ne pouvait donc que léloigner de son mentor.
On peut enfin citer des divergences dambitions : laura de X au sein de la communauté noire en général et de Nation of Islam en particulier, sa médiatisation importante, semblent avoir inquiété Elijah Muhammad.
En 1963, après lassassinat du président Kennedy, toutes ces divergences éclatèrent sur la place publique, après une déclaration controversée de X. Celui-ci déclara en effet que la violence que Kennedy navait pas pu arrêter se retournait contre lui. Il ajouta ( - En français, Chickens coming home to roost a une signification proche de « qui sème le vent récolte la tempête »). Cette phrase pouvait se comprendre comme une approbation de lassassinat. Elijah Muhammad désavoua cette déclaration, et interdit à X toute déclaration publique pendant 90 jours, injonction à laquelle Malcolm X obéit. Mais les relations entre les deux hommes atteignaient leur point de rupture. Dans son autobiographie, X affirme même quun de ses assistants lui aurait alors indiqué avoir reçu lordre de la direction de la NoI de le tuerDaprès lautobiographie de Malcolm X, 1965, P. 308 de lédition américaine..
Le 8 mars 1964, Malcolm X annonça son départ de la Nation de lislam. Le 12 mars, il annonçait la création de sa propre organisation « The Muslim mosque inc. ». Peu de temps après, il se convertit à lislam sunnite orthodoxe. Le 13 avril 1964, Malcolm X partit de laéroport John Fitzgerald Kennedy pour faire le pèlerinage à la Mecque (le hajj) dont il revint sous le nom musulman de Malik El-ShabazzIl est à noter que dans les dossiers du FBI apparaissent la reproduction de lettres du début des années 1950, que X signe sous le nom de Malachi Shabazz, une version très proche de son nouveau nom musulman de 1964. Voir par exemple la page 10 du dossier PDF http://foia.fbi.gov/malcolmx/malcolmx1.pdf.. Sa femme et ses filles prirent alors le nom de famille de Shabazz.
Il condamna le racisme anti-blanc de Nation of Islam. Mais Malcolm X resta fidèle à une action tournée de façon privilégiée vers le peuple noir. Il refusa aussi de condamner la violence des opprimés, et eut des paroles assez dures pour les tenants de la non-violence, quil accusa dencourager à la soumissionVoir à ce sujet son célèbre discours du 3 mai 1964, peu après son retour de la Mecque , où il menace de recourir à la violence, et traite certains politiciens blancs de crackers, un terme péjoratif anti-blanc..
Peu de temps après son retour de la Mecque, Malcolm X fonda l« organisation pour lunité afro-américaine », un groupe politique non religieux. Il affirme ainsi sa volonté de mener à la fois une lutte religieuse pour lIslam, et une lutte politique pour les Noirs, les deux fonctionnant de façon autonome.
La tension entre Malik El-Shabazz et Nation of Islam ne cessa de croître. Le 14 février 1965, sa maison fut lobjet dun attentat à la bombe, et il fut assassiné de 15 balles le 21 février 1965. Deux mois auparavant, Louis Farrakhan avait écrit Voir sur le site de CBS le compte rendu de son émission 60 Minutes de janvier 2007, ou Farrakhan a admis pour sen excuser .. Trois membres de Nation of Islam seront reconnus coupables en 1966 : Norman 3X Butler, Thomas 15X Johnson et Talmadge Hayer. Lorganisation elle-même niera toute participation à lassassinat. . Celui-ci a admis au début 2007 , tout en niant une implication directe de lorganisation. En 1994, Qubilah Shabazz, une des filles de Malcolm X sera arrêtée et inculpée pour avoir payé un tueur à gage chargé de tuer Farrakhan, accusation abandonnée en 1995Sur la vision de La NoI sur laffaire, voir cette page http://web.archive.org/web/20010821094226/www.subliminal.org/archive/deefiles/shabazz/qs-sanction.html. Il a également été envisagé que le FBI ait eu connaissance du projet dassassinat et lait couvert, voire aidé. Cette hypothèse a été reprise par la NoIAn historical look at the honorable Elijah Muhammad..
À sa mort, le projet de Malcolm X de créer un islam sunnite au sein de la communauté noire, intégré dans lislam mondial et rompant avec le racisme semble un échec. Son organisation restera groupusculaire, et Elijah Muhammad maintiendra fermement son emprise sur lislam noir américain jusquà sa mort, en 1975.
Warith Deen Muhammad reconnaîtra plus tard avoir été influencé par la pensée de Malcolm X (dont il était un ami proche), lequel sera dailleurs réhabilité par le mouvement (une mosquée prendra même son nom).
En trois ans, entre 1975 et 1978, il transforme de fond en comble lidéologie du mouvement, et lamène sur une base religieuse sunnite, tout en rompant avec lidéologie raciste et nationaliste de son père. Propos rapportés par The Atlanta Journal Constitution, 4 mai 1985, p. 3C.. Le projet dun État indépendant pour les Noirs est donc abandonné.
La forte centralisation typique de Nation of Islam est réformée, afin de favoriser une large décentralisation des mosquées, plus conforme à la tradition du sunnisme : . Les communautés relevant de ce mouvement sont ouvertes à toutes les races, même si elles restent en pratique surtout composées dafricains-américainsLe Council on American-Islamic Relations indiquait dans une étude de 2001 sur les mosquées (toutes ethnies confondues) que (P.17) mais que (P.19). Ce sont donc 31 % des mosquées américaines qui sont à très forte prédominance afro-américaine, pour une proportion de ce groupe dans les pratiquants (pas forcément des croyants) musulmans aux États-Unis de 30 %. Soit une très forte homogénéité ethnique http://www.cair-net.org/mosquereport/Masjid_Study_Project_2000_Report.pdf - PDF)..
Warith Deen Muhammad est devenu un leader religieux respecté et incontournable aux États-Unis. Il lui sera demandé en 1992 de faire une prière au sénat américain, et cest lui qui fera la prière musulmane lors de la prière interconfessionnelle pour linvestiture du président Clinton, en 1997Voir le site The mosque cares, un site institutionnel dépendant de Warith Deen Muhammad..
En avril 1984, , il mènerait « Citation de Louis Farrakhan rapportée dans Louis Farrakhan Is Not a Muslim », par Daniel Pipes, Washington Post, 2 juillet 1984 http://www.danielpipes.org/article/167. Ce type de déclaration « anti-américaine », ainsi que limage anti-blanche et anti-juive de lorganisation a posé certains problèmes à Jesse Jackson, qui a dû prendre ses distances. La campagne de Jesse Jackson a cependant été un moment important pour Nation of Islam, qui sest ainsi retrouvée sous le feu des médias, et a pu affirmer son militantisme noir, trois ans seulement après la refondation officielle de lorganisation.
Les orthodoxes limitent la spécificité ethnique de leur mouvement. Tout en conservant une sensibilité afro-américaine marquée, ils insistent sur leur intégration dans lislam mondial et au sein de la nation américaine. À ce titre, ils suppriment les spécificités théologiques qui les différenciaient des autres musulmans, et ils insistent sur la compatibilité entre le fait dêtre un bon musulman, et un bon AméricainAinsi, la page dentrée du site The mosque cares, un site institutionnel dépendant de Warith Deen Mohammed, indique sous un drapeau américain : .. Linterdiction de voter ou de sengager dans larmée a été levéeVoir par exemple http://www.answers.com/topic/mohammed-warith-deen.. Les partisans de Warith Deen Muhammad San Francisco Chronicle, 28 mars 1985.. Warith Deen Muhammad participera ainsi à une prière cuménique au congrès américain dans les années 1990, sous la présidence de Bill Clinton.
La NoI, de son coté, reste officiellement fidèle à ses particularismes, tant théologiques (vis-à-vis du sunnisme) que politiques (vis-à-vis des États-Unis). On note cependant une certaine évolution des pratiques de lorganisation. Les citations du Coran se font plus nombreuses, les « temples » sont rebaptisés « mosquées », le respect des cinq piliers de lislam est mis en avant, lattitude anti-blancs est fortement modéréeLouis Farrakhan, Interview à NBC en 1997., le vote aux élections est désormais encouragé. On peut y lire une tentative dadaptation de lorganisation face à la légitimité religieuse islamique plus importante des black muslims sunnites, mais aussi la volonté dobtenir une certaine respectabilité en rapport avec le poids croissant de la NoI.
La manifestation se veut ouverte à tous les hommes noirs, mais ni aux femmes ni aux Blancs. En pratique, un certain nombre de femmes noires ont participé à la manifestation, mais de façon assez minoritaire. Ces exclusions par le sexe ou la race ont provoqué de fortes polémiques.
Le nombre exact des participants a été discuté ( pour la police« Crowd Estimates », par Monte Reel, Washington Post, Page A15, 19 janvier 2003, http://www.washingtonpost.com/ac2/wp-dyn?pagename=article&contentId=A12060-2003Jan18¬Found=true, 1,5 à 2 millions pour les organisateurs« The return of the Million Man March: Why is it even an issue ? », Anthony Asadullah Samad-Guest, The final call (journal de la NoI), 19 janvier 2005, http://www.finalcall.com/artman/publish/article_1822.shtml), mais semble se situer un peu en-dessous de 1 million. Le succès de la marche en a fait une des références de la NoI actuelle, qui lutilise abondamment dans sa communication, en particulier avec la notion de Million more movements, appel lancé en 2005 à lensemble de la communauté noire pour organiser dautres grandes mobilisations à travers les États-Unis.
Au-delà du nombre de participants, la marche est un succès politique pour la NoI, laquelle a obtenu la participation de lassociation des élus démocrates noirs à la Chambre des représentants des États-Unis (le Black Caucus), et même la participation dun élu républicain.
The million march man de 1995 confirme la dimension très politique et pas seulement religieuse que Nation of Islam a pris, au contraire des musulmans noirs sunnites. Bien que ceux-ci représentent probablement plus de 80 % ou 90 % des Black Muslims américains, ils apparaissent de fait comme moins militants dans le domaine politique, et donc comme moins visibles. Grâce à cet activisme, la NoI arrive à influencer des Black Muslims sunnites. Le cas de Keith Ellison est de ce point de vue révélateur. Bien que converti à lislam sunnite en 1983, et bien que pour tout sunnite orthodoxe la NoI ne puisse être quune secte non musulmane, il sest très fortement rapproché delle au moment de la marche, avant de sen éloigner à nouveau. De fait, alors que les musulmans extérieurs à la communauté noire rejettent généralement très fortement la NoI, les Black Muslims sunnites montrent souvent une certaine sympathie pour celle-ci, non pas tant pour son discours religieux (trop hétérodoxe) que pour son discours et sa pratique militante en faveur de la communauté noire. Le séparatisme racial toujours revendiqué par la NoI nest par contre pas accepté.
Au-delà de son succès événementiel, The million march man de 1995 apparaît donc comme un marqueur de la capacité quà la NoI actuelle à influencer la communauté noire bien au-delà de ses frontières religieuses.
En matière de création de nouvelles branches de la NoI, le résultat semble avoir été modeste. La branche canadienne serait la plus développée, eu égard à sa proximité avec le centre historique de lorganisation, dans le Nord-Est des États-Unis. Une branche dissidente de lorganisation y a même été créée en 1997, Nation of Islam of CanadaVoir le site de Nation of Islam of Canada : http://noic.ca/home.html.. Il existe une petite branche françaiseVoir le site internet officiel de la branche française de la Nation de lislam http://www.nationdelislam.com/, ainsi que larticle en anglais sur le site de Final Call, lhebdomadaire de la NoI : Nisa Islam Muhammad « Nation of Islam in Paris, France », FinalCall.com, 10 janvier 2007., ou s'est formé idéologiquement (avant de la quitter) le militant noir radical Kemi SebaNoir et Français, écrit par Stephen Smith et Géraldine Faes, 2006. Lorganisation a également essayé sans grand succès de simplanter en Grande-Bretagne dans les années 1990. Lorganisation nen revendique pas moins . Ces activités en dehors des États-Unis dAmérique sont parfois mal perçues. Ainsi, le gouvernement britannique a-t-il interdit lentrée sur son territoire à Louis Farrakhan en 1986, suite à sa déclaration selon laquelle Hitler avait été Daprès une dépêche de lagence Reuters du 17 janvier 1986, reproduite dans The New York Times http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9A0DE2DA1039F934A25752C0A960948260&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fPeople%2fF%2fFarrakhan%2c%20Louis..
Louis Farrakhan a prêté une attention particulière à lAfrique, et y a effectué plusieurs voyagesVoir plusieurs exemples de ces voyages sur le site de la NoI : http://www.noi.org/mlfbio.htm., bien quune implantation permanente ne semble pas avoir été obtenue, ni forcément recherchée.
En 1986, par exemple, Farrakhan organise un voyage de cinq jours au Nigéria Daprès une dépêche de lagence Associated Press du 9 février 1986, reproduite dans The New York Times http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9A0DE5D91131F933A25751C0A960948260&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fPeople%2fF%2fFarrakhan%2c%20Louis. , provoquant certaines réactions négatives dans le paysDaprès une dépêche de lagence Reuters du 10 février 1986, reproduite dans The New York Times http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9A0DE5D91131F933A25751C0A960948260&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fPeople%2fF%2fFarrakhan%2c%20Louis..
En mai 1993, Farrakhan se rend Le Saviours Day est à lorigine la fête en mémoire de Wallace Fard Muhammad, et était placée le 26 février. Louis Farrakhan a déplacé le jour de la fête au 7 octobre, date anniversaire de la naissance de Elijah Muhammad. La fête célèbre aujourdhui les deux hommes.. Le président Ghanéen Jerry Rawlings ouvrit et clôtura officiellement cette convention de 5 jours.
Parmi de nombreux autres déplacements, on peut aussi citer la participation du dirigeant de la NoI (dans lassistance) à la cérémonie inaugurale de lUnion Africaine de 2002. Le journal de la NoI a mis en valeur ses rencontres avec Askia Muhammad, « Birth of the African Union », Finall Call (hebdomadaire de la NoI), 17 Juillet 2002..
En 1996, Farrakhan sest rendu en Libye, à lépoque sous sanction des Nations unies, pour recevoir le Prix Kadhafi des droits de lHomme, assorti dune somme de dollarsDaprès The New York Times du 30 août 1996 http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F30615F9345D0C738FDDA10894DE494D81&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fPeople%2fF%2fFarrakhan%2c%20Louis.. Il a depuis été souvent reproché à la Nation de lislam dêtre financée par la Libye.
Le 18 décembre 1997, Farrakhan a pu rencontrer cheik Mohammed Sayed Tantawi, le responsable d'Al-Azhar, la plus prestigieuse mosquée sunnite du monde« Peace mission to North Africa », Askia Muhammad, Chef du bureau de Washington de The final call, le journal de la NoI, http://worldfriendshiptour.noi.org/egypt.html..
Ces voyages renforcent la visibilité médiatique de la NoI, et réaffirment les liens entre lAfrique et . Ils renforcent le rapprochement symbolique avec le monde musulman. Ils entretiennent également certaines polémiques aux États-Unis, autour des liens de lorganisation avec des régimes ou des organisations considérées comme hostiles aux États-Unis, ainsi quautour des sources de financement de lorganisation.
Par le biais de filiales commerciales, Fruit of Islam, réputée pour son efficacité, a contracté un certain nombre de contrats avec des municipalités. Ainsi, Lillian Ickowicz, « Strange fruit », 17 février 1998, The Australia/Israël review, http://www.aijac.org.au/review/1998/231/noi2.html..
Bien que les firmes liées à FoI aient de bons résultats, elles sont lobjet dune certaine suspicion des médias. Plusieurs points inquiètent.
Dune part, ces firmes recrutent beaucoup chez danciens détenus. Il sagit là dune caractéristique de tous les groupes black muslims, qui ont une activité importante dans les prisonsMalcolm X fut converti en prison. en vue damener les détenus à la « repentance » et au « salut ». Cette activité missionnaire et dailleurs dans une certaine mesure favorisée par les autorités carcérales elles-mêmes, à travers les aumôniers musulmans. La stricte discipline, qui est une des caractéristiques de Nation of Islam en général et de Fruit of Islam en particulier, a à ce jour évité tout débordement important, malgré certains problèmes (usage excessif de la force ou défaut de coopération avec la police, par exemple).
Dautre part, certains craignent le développement dune véritable branche paramilitaire de la NoI, en relation avec ses objectifs « anti-américains », comme la création dun État noir indépendant (cet objectif est toujours affiché sur le site de la NoI, mais ne semble pas activement défendu). À ce titre, certaines déclarations ont pu renforcer les soupçons. Ainsi, .
Enfin, certains voient dans FoI un des indices de la transformation de la NoI de structure religieuse en entreprise économique.
De son coté, la NoI ne nie pas recruter danciens délinquants. Ainsi Saeed Shabazz, « Boston fights against systemic roots of violence », 26 juillet 2006, Final call, http://www.finalcall.com/artman/publish/article_2791.shtml.. Mais elle insiste sur sa capacité à les ramener du coté de la loi, et sur la compétence quils apportent dans la compréhension de la délinquance : en matière de sécurité, . Lorganisation insiste dailleurs toujours sur les causes sociales et morales de la violence : , et .
Au-delà de ces polémiques, Fruit of Islam témoigne du dynamisme de la NoI, bien au-delà de son positionnement religieux originel, la réputation defficacité de Fruit of Islam participant dailleurs à la popularité de Nation of Islam dans des quartiers pauvres en proie à la délinquance.
Le rejet du christianisme, religion des blancs, sest fortement atténué. La NoI, conformément à son discours « unitaire » afro-américain a beaucoup développé ses relations avec les pasteurs noirs américains, et ninsiste donc plus guère sur le rejet militant du christianisme.
Les pratiques religieuses se sont aussi rapprochées de lislam sunnite. Farrakhan insiste désormais énormément sur les pratiques classiques de l'islam sunnite, y compris le pèlerinage à la Mecque, et a réussi à rencontrer des dirigeant musulmans important, comme en décembre 1997 le responsable de la grande mosquée Al-Azhar du Caire. Les thèses les plus hétérodoxes de Elijah Muhammad, comme celle selon laquelle le dieu créateur de l'univers a disparu pour revenir sous les traits de Wallace D. Fard ne sont plus mises en avant, sans être officiellement rejetées.
Le racisme anti-blanc nest plus officiellement soutenu : . Le rapport au blanc, et en particulier aux Juifs, est cependant très ambigu : dun côté, les Juifs ont apporté à lhumanité le message de Dieu, et ont donc manifestement un rôle spécial aux yeux de Dieu : Interview de Louis Farrakhan par Jeffrey Goldberg, 1998, intégralement publiée ici : 1 partie, 2 partie, 3 partie.
Dun autre côté, la NoI estime que les Juifs ont été en partie responsable de lesclavage des Noirs et des ses horribles conséquences (cette thèse repose sur un livre très contesté The Secret Relationship Between Blacks and Jews, publié en 1990 sous légide de la NoI) . Steven HahnProfesseur dhistoire des États-Unis à luniversité de Pennsylvanie, auteur de A Nation Under Our Feet : Black Political Struggles in the Rural South From Slavery to the Great Migration, Harvard University Press, Cambridge, 2003. Le livre a obtenu en 2004 le Pulitzer Prize for History, le Bancroft Prize de luniversité de Columbia, et le Merle Curti Prize in Social History de lOrganisation des Historiens Américains. Voir son article sur :en:Steven Hahn|Steven Hahn critique dans Le Monde diplomatique de mai 2006 ce livre comme étant un Steven Hahn, « Un bobard antisémite », dans Le Monde diplomatique, mai 2006. article..
Plusieurs études universitaires montrent que les sentiments anti-juifs sont toujours bien présents au sein de la NoIVoir par exemple (au format PDF) : Étude dun courant antisémite au sein de la communauté noire américaine dans les années 1990 de François-Xavier Fauvelle-Aymar, Institut dÉtudes africaines (CNRS), Aix-en-Provence ici. Louis Farrakhan a également pu déclarer dans une interview : . Le rejet des autres communautés se fait donc à travers une double thématique, à la fois nationaliste et sociale.
Le Saviours Day, à lorigine la fête en mémoire de Wallace Fard Muhammad, était placée le 26 février. Louis Farrakhan a déplacé le jour de la fête au 7 octobre, date anniversaire de la naissance de Elijah Muhammad. La fête célèbre aujourdhui les deux hommes.
Domaine où la fidélité est totale, Louis Farrakhan insiste énormément, comme Elijah Muhammad, sur la responsabilité de lhomme vis-à-vis de la femme (les mères célibataires abandonnées sont un fléau de la communauté noire), sur le refus de la délinquance, sur limportance de léducation et de la création dentreprise par des Noirs pour sortir de la pauvreté. Ce discours conservateur, apprécié et très militant donne à Farrakhan une aura incontestable au sein de la communauté noire, bien au-delà du cercle de ses fidèles. Il a même attiré ponctuellement les éloges de certains dirigeants du parti républicainJerry Gray, « Kemp Praises Farrakhan For His Focus on Family », the New York Times, 10 septembre 1996, http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=FA0A12FF3B5F0C738DDDA00894DE494D81&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fPeople%2fF%2fFarrakhan%2c%20Louis..
En pratique, le positionnement de Nation of Islam est aujourdhui ambigu :
La perception de Nation of Islam est donc également ambiguë. Son discours noir militant lui donne une réelle influence sur la communauté noire, mais ses positions à la lisière du racisme et les reproches de sexisme lui valent une certaine méfiance. En 2000, Warith Deen Muhammad et Louis Farrakhan se sont ainsi officiellement réconciliésFarrakhan Ends Longtime Rivalry With Orthodox Muslims, Dirk JOHNSON, New York Times, 28 février 2000, http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F60E16FE3E5D0C7B8EDDAB0894D8404482&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fOrganizations%2fN%2fNation%20of%20Islam., mais les divergences nont pas disparu pour autant.
De façon plus générale, Nation of Islam continue dêtre considéré par ses détracteurs, notamment américains, comme un mouvement raciste et antisémite.
Mais dans une partie de la communauté noire, la NoI voit sa popularité croître grâce à son discours mélangeant religion et nationalisme noir. Le poids réel de lorganisation est difficile à apprécier. On estime entre 1 et 2 millions le nombre de black muslims vivant aux États-Unis en 2006Le Council on American-Islamic Relations indiquait dans une étude de 2001 « Les évaluations dune population musulmane totale de 6-7 millions en Amérique semblent raisonnables » (p.6 http://www.cair-net.org/mosquereport/Masjid_Study_Project_2000_Report.pdf), mais dautres études donnent un chiffre moitié moins élevé : 2,8 millions pour le American Jewish Committee (The New York Times du 25 octobre 2001, P. A16). Par ailleurs, létude du Council on American-Islamic Relations indiquait http://www.cair-net.org/mosquereport/Masjid_Study_Project_2000_Report.pdf que les afro-américains étaient 30 % des personnes participant au culte (plus 3,4 % dimmigrants dAfrique sub-saharienne) (p. 18). Sur un total de 3 à 6 millions de musulmans, on arrive ainsi à un chiffre de 1 à 2 millions de Black muslims, conforme aux estimations souvent données. Luniversité de Géorgie (États-Unis) donne par exemple le chiffre de 2,1 millions de musulmans afro-américains http://www.uga.edu/islam/muslimpop_usa.html, tout comme le New York Times dans un article du 28 février 2000 : http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F60E16FE3E5D0C7B8EDDAB0894D8404482&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fOrganizations%2fN%2fNation%20of%20Islam, et dautres plutôt 1 million http://www.danielpipes.org/article/341.. Entre 5 et 10 % des musulmans noirs relèveraient de mosquées de la NoI ou en seraient des sympathisants. Les membres directs et actifs seraient plutôt entre 20 et , sans quil existe sur ce point (en 2007) une étude faisant lunanimitéVoir par exemple The Impact of Al-Islam on the African American Population.. Mais linfluence de lorganisation dans les domaines non-religieux dépasse aujourdhui nettement ce périmètre.
Nation of Islam a été fondée à Detroit, dans le Nord des États-Unis, en 1930, par Wallace Fard Muhammad, que la Nation de lislam pense être le « Messie » (ou « Mahdi ») attendu par les musulmans, et même Allah incarné. Lidéologie développée par lorganisation est un mélange de nationalisme afro-américain et de religion. Cette dernière est inspirée par lislam, mais reste éloignée de lislam orthodoxe. La NoI (Nation of Islam) est donc considérée comme une secte par la majorité des organisations musulmanesVoir par exemple le point de vue du site musulman francophone info-islam. Voir aussi le site musulman anglophone The Problem with the "Nation of Islam"..
Si Wallace Fard Muhammad est bien le créateur de lorganisation, cest son successeur Elijah Muhammad qui, entre 1934 et 1975, lui a donné son orientation, son organisation et sa puissance. Malcolm X a été lune des figures les plus en vue de lorganisation, jusquà sa rupture avec celle-ci, dont il dénonce le racisme au retour dun pèlerinage à La Mecque effectué en 1964.
Nation of Islam se transforme officiellement en mouvement musulman sunnite peu après la mort dElijah Muhammad, en 1975. Un groupe de militants refusant cette orientation quitte lorganisation en 1978, et reprend le nom de Nation of Islam, qui venait dêtre abandonné par lorganisation mère. Fidèle à lidéologie des origines, malgré certaines évolutions, la « nouvelle » NoI est dirigée depuis la scission de 1978 par Louis Farrakhan. Celui-ci est au début du un leader en vue de la communauté afro-américaine. Son discours communautaire, insistant sur la nécessité pour les Noirs de faire des études, de développer leur statut socio-économique et de lutter contre la délinquance a une influence qui dépasse largement les cercles religieux de la NoI. Ses discours ambigus, plus ou moins hostiles aux Blancs et aux JuifsCharles Bierbauer, correspondant à Washington, Article de CNN publié sur le web, le 17 octobre 1995. http://www.cnn.com/US/9510/megamarch/10-17/notebook/index.html ont cependant créé de nombreuses polémiques autour de lui.
Création :
Nation of Islam sinspire de diverses organisations religieuses et/ou nationalistes noires, apparues aux États-Unis au début du , en réaction à la ségrégation raciale dont souffraient les noirs américains.Au plan politique, on peut en particulier citer la Universal Negro Improvement Association and African Communities League ou UNIA, créée aux États-Unis par Marcus Garvey en 1917, qui militait pour le retour des Noirs en Afrique, et développait un vigoureux nationalisme noir.
Au plan religieux, divers groupes (se réclamant du Judaïsme, du Christianisme ou de lIslam) développaient une pensée tournée de façon privilégiée vers les Noirs. Parmi eux une organisation se réclamait de lIslam : le Moorish Science Temple of America, fondé en 1913 par Timothy Drew, plus connu sous le nom de Noble Drew Ali. Cette organisation offre un certain nombre de ressemblances avec ce que sera Nation of Islam à partir de 1930, et semble donc lavoir influencée.
Wallace Fard Muhammad :
La Nation de lislam, ou Lost - found Nation of Islam in North-America, parfois aussi appelée Allah Temple of IslamPage 19 du dossier du FBI sur Wallace Fard Muhammad, rapport N° 100-12899 du 25/08/1943 http://foia.fbi.gov/fard/fard1.pdf est la matrice de quasiment toutes les organisations musulmanes actuelles de la communauté africaine-américaine, et a été fondée à Detroit, dans le Nord des États-Unis, en 1930, par Wallace Fard Muhammad. La Nation de lislam pense que celui-ci est le Messie (ou le Mahdi) attendu par les musulmans. Lorganisation finira même par aller sensiblement plus loin, en le considérant comme Dieu incarné. THE MUSLIM PROGRAM, site officiel de Nation of Islam..On connaît très peu de choses à son sujet ou sur son idéologie précise. Pour la Nation de lislam, il serait venu au monde en 1877 à La Mecque, en Arabie saoudite, avant de venir prêcher le peuple noir en Amérique, puis dabandonner son incarnation physique en 1934, date à laquelle il disparaît mystérieusement. Pour le FBI, il sappelait en fait Wallace Dodd Ford ou Wallace Dodd, né en 1891 en Nouvelle-Zélande, et serait un métis blanc-polynésien arrivé aux États-Unis en 1913. Il aurait été arrêté en 1918 pour attaque à main armée, de nouveau arrêté au début de 1926 pour infraction à la loi californienne de prohibition de lalcool, et enfin aurait fait de la prison de 1926 à 1929 pour infraction à la législation sur les stupéfiants. Il se serait alors installé à Detroit, avant de créer Nation of Islam en 1930Synthèse du FBI du 5 mars 1965, page 4 du dossier du FBI concernant Wallace Fard Muhammad (en anglais).
En novembre 1932 éclate une affaire qui menaça la jeune organisation. Un sacrifice humain fut commis par un membre, Robert Karriem (né Harris) qualifié de « déséquilibré ». Fard fut arrêté avec Karriem. Daprès le rapport de police de lépoque, il aurait nié toute responsabilité dans le crime. Au cours de linterrogatoire, il aurait fini par indiquer que la création de lorganisation était . En 1934, sous la pression de la police, il aurait quitté Detroit. Le dossier du FBI propose plusieurs hypothèses quant à ce quil serait devenu par la suite, mais na pas dinformation directe sur ce sujet. Il sagit essentiellement de références à dautres sources, comme des articles de journaux.
Quelles que soient les motivations réelles du créateur de lorganisation, celle-ci regroupe après sa disparition de 1934 un petit groupe dadhérents convaincus et militants, qui en feront en une trentaine dannées une organisation forte de dizaines de milliers dadhérents.
Elijah Muhammad (1897-1975) :
Après la disparition mystérieuse de Wallace Fard Muhammad en 1934, Elijah Muhammad prend la direction du mouvement, lequel était à lépoque encore groupusculaireÀ noter cependant que Clifton Marsh, dans son livre From Black Muslims to Muslims, The Transition from Separatism to Islam, Scarecrow Press, Inc. Meteushen, NJ, 1984, indique page 53 un chiffre de 8000 adhérents à la disparition de Wallace D. Fard, ce qui est une estimation très haute. Les discussions sur le nombre dadhérents sont habituelles, lorganisation nayant jamais donnée de statistiques vérifiables. Si le chiffre de 8000 membres en 1934 est juste, il a du connaître une forte chute sous la direction de Elijah Muhammad, les membres étant plutôt estimés à quelques centaines au début des années 1950..Elijah Poole est né en Géorgie (sud des États-Unis), mais sest installé à Detroit (Nord des États-Unis) en 1923. Il suivait en cela la grande migration des noirs de lépoque, depuis le sud agricole, pauvre et ségrégationniste des États-Unis, vers le nord industriel, plus riche et un peu plus tolérant à légard des noirs. Mais même dans le Nord, les discriminations raciales persistent, engendrant . À Detroit, Poole entre en contact en 1931rapport du FBI N° 100-6582 du 09/11/1943, page 18 du dossier du FBI., Brief history on the origin of The Nation of Islam in America A Nation of Peace & Beauty, sur le Site officiel de la NoI. avec Fard Muhammad, et rallie son organisation naissante. Il prend le nom de Elijah Muhammad, mais se fait aussi connaître sous les noms de Gulan Bogans, ou de Mohamed Rassoul.
Après la disparition du fondateur, Elijah Muhammad serait entré dans un bref conflit avec dautres leaders de lorganisation, conflit qui lamène à sinstaller avec ses partisans à Chicago, loin de la faction hostile de Detroit. Il sort finalement vainqueur de laffrontement, saffirmant comme le chef incontesté de la NoI. Claude CleggClaude Andrew Clegg est professeur dhistoire à luniversité de lIndiana, à Bloomington. Il est lauteur de divers articles sur Nation of Islam, et du livre An Original Man: The Life and Times of Elijah Muhammad, St. Martins Griffin, janvier 1998, . parle à propos de la NoI de lépoque dun climat de Article de Claude Clegg dans le Journal for MultiMedia History, 1998 : http://www.albany.edu/jmmh/vol1no1/elijahmuhammad.html. Pour Nation of Islam par contre, cest Wallace Fard Muhammad qui Brief history on the origin of The Nation of Islam in America A Nation of Peace & Beauty, sur le Site officiel de la NOI.. Désormais à la tête de lorganisation, il prend le titre de « messager de Dieu », sous lequel lorganisation continue aujourdhui à le désigner. Il commence à étendre celle-ci, encore limitée en 1934 à Detroit et Chicago. Cest le Nord-Est industriel qui savère le plus réceptif. Muhammad y crée une série de temples (qui seront plus tard rebaptisés mosquées), et les appelle selon leur numéro de création. Ainsi, à New York, la mosquée historique est toujours désignée sous le nom de mosquée numéro 7 (à lorigine temple N° 7), parce que cest la septième fondée (ou visitée) par Elijah Muhammad.
Idéologie :
Concernant la formation de lidéologie du mouvement, la part exacte à attribuer au fondateur Wallace Fard Muhammad, et celle à attribuer à Elijah Muhammad restent difficiles à établir. Bien que la NoI mette en avant sa nature religieuse, le versant socio-politique de son idéologie nen est pas moins fortement affirmé. La vision idéologique de Nation of Islam a été formalisée dans le Muslim Programthe Muslim Program, programme officiel de la NoI, publié en 1965. de 1965, toujours en vigueur, mais lessentiel de ces thématiques était déjà clairement affirmé dès les années 1930. Malgré une certaine modération de linterprétation des principes fondamentaux (en particulier le rejet des blancs), la NoI du début du a un positionnement idéologique très similaire à celui de ses débuts.Vision religieuse :
La théologie de la NoI est assez éloignée de lislam orthodoxe. Certains aspects sont en effet clairement inacceptables pour celui-ci :- Lislam est la véritable religion de lhomme noir, et est réservée aux Noirs, et en théorie aux autres populations « de couleur ». Selon un discours dElijah Muhammad : THE MAKING OF DEVIL, par Elijah Muhammad.. En pratique, il ny a jamais eu de véritable tentative de la NoI de sadresser à dautres groupes ethniques que les Afro-américains. Lislam insiste au contraire sur sa vocation universelleBilal, un ancien esclave dorigine africaine fut ainsi un des premiers compagnons du prophète. Cest en son souvenir que la faction majoritaire de lancienne NoI qui évoluera vers le sunnisme prendra pendant un temps le nom de Bilillian Community. Sur la position religieuse de lislam sur la question du racisme, voir par exemple le site musulman francophone Ummah.com http://www.ummah.com/islam/taqwapalace/francais/racisme.htm..
- Les Blancs sont une race inférieure, créée par un scientifique noir, du nom de YakubChapitre 55 de Message to the Blackman in America, par Elijah Muhammad, 1965. Voir le chapitre 55., il y a 6 000 ans. Ils sont les représentants du diable sur la terre, mais les prophéties annoncent la fin de leur règne. . Chapitre 55 de Message to the Blackman in America, par Elijah Muhammad, 1965. Voir le chapitre 55.. Cette idée selon laquelle les noirs sont les humains originels existait déjà dans des organisations africaines-américaines précédentes, comme The church of God, un groupe d'hébreux noirs créé en 1915.
- Les mariages inter-raciaux sont interdits : THE MUSLIM PROGRAM, texte dElijah Muhammad, sur le site officiel de la NOI..
- Dieu nest pas un esprit, car , et de ce fait IS God a Spirit or a Man ?, Message to the Blackman in America, Elijah Muhammad, 1965, Chapitre 3, http://www.seventhfam.com/temple/books/black_man/blk3.htm. The Coming of God : Is He a Man or a Spirit?, Message to the Blackman in America, Elijah Muhammad, 1965, Chapitre 4, http://www.seventhfam.com/temple/books/black_man/blk4.htm. En réalité, The Origin of God As A Spirit and Not a Man, Message to the Blackman in America, Elijah Muhammad, 1965, Chapitre 5, http://www.seventhfam.com/temple/books/black_man/blk5.htm. THE COMING OF GOD AND THE GATHERING TOGETHER OF HIS PEOPLE, Message to the Blackman in America, Elijah Muhammad, 1965, Chapitre 8, http://www.seventhfam.com/temple/books/black_man/blk8.htm. Pour les musulmans orthodoxes, cette disparition du Dieu créateur des origines, et son remplacement par un Dieu collectif racial dont émerge un Dieu/homme supérieur est inacceptable. Ainsi, par exemple, daprès le Coran (33:40) . Toute personne prétendant être un prophète depuis la mort de Muhammad est donc par définition toujours considérée comme un faux prophète par lislam orthodoxe, a fortiori sil se proclame Dieu en personneSur la question de Mohammed comme dernier prophète voir par exemple LIslam et les prophètes. Sur la critique de la NoI par des musulmans, entre autre sur la question du dernier prophète, voir aussi le site musulman The Problem with the "Nation of Islam"..
- Point 5 de « ce que les musulmans croient » dans le Muslim program de 1965, toujours en vigueur Site officiel de la NOI.. Les orthodoxies sunnites et chiites affirment par contre une résurrection physique des morts avant le Jugement dernierUne critique de la NoI sur ce sujet sur le site musulman anglophone allaahuakbar.net..
On peut aussi noter une forte croyance en la numérologiePour un exemple de raisonnement numérologique, voir le chapitre 55 de Message to the Blackman in America, par Elijah Muhammad, 1965. Voir le chapitre 55., ce qui aura dailleurs une influence importante sur le mouvement après la mort de Elijah Muhammad, avec le choix du septième fils de Muhammad comme nouveau leader.
Il y a des positions communes avec lislam ou le christianisme : interdiction des relations sexuelles hors mariage, affirmation des , rôle dirigeant de lhomme au sein de la cellule familiale. Ainsi, indique le site officiel de la NoI, Brief history on the origin of The Nation of Islam in America A Nation of Peace & Beauty, sur le Site officiel de la NOI..
La consommation de porc est interdite, conformément à lenseignement de lislam. La NoI insiste aussi sur le respect des cinq Piliers de l'islam. La consommation de drogue, mais aussi de tabac et dalcool est déconsidérée, en accord avec la vision musulmane traditionnelle.
Sur le site français de la Nation de lislam.Voir Table des peuples. La religion des Blancs, le christianisme, est la religion de lesclavage et du mal. Lislam orthodoxe admet par contre dans une certaine mesure la validité du christianisme
Le Coran admet également les évangiles, et reconnait la sainteté de Marie et de Jésus, ce dernier considéré comme un envoyé de Dieu parmi d'autres.. On note cependant que sous la direction de Louis Farrakhan, le discours sest en partie infléchit. Si le christianisme reste responsable de lesclavage, il est admis quil est porteur dune certaine valeur sil se libère de son racisme historique : Louis Farrakhan, LA GRACE DE DIEU - « Extrait dun discours délivré par le Ministre Louis Farrakhan le 25 novembre 1990 à la Mosquée Maryam », traduit sur le site français de la Nation de lislam http://nationdelislam.com/site/index.php?option=com_content&task=view&id=23.. Tout comme dans lislam, lacceptation du christianisme existe aujourdhui partiellement. La thématique est cependant différente. Lislam critique la déification de Jésus, quand la Nation de lislam critique surtout le racisme du christianisme ayant permis lesclavageIl a cependant existé d'autres traites, mais sans rapport avec le sort des Noirs américains, et ignorées par la NOI. Voir les articles Traite musulmane et Veritas ipsa..
Il y a enfin certaines influences chrétiennes. Les lieux de culte sont à lorigine appelés des temples, par exemple. Les ministres du culte sont appelés « ministers », et non imam.
Indépendance sociale et politique des Noirs :
Lidéologie de Nation of Islam ne se limite pas au domaine religieux. Elle a aussi une forte composante sociale et politique, indifférente dun point de vue islamique, et que lorganisation peut partager en tout ou partie avec dautres groupes nationalistes afro-américains. Lidée centrale est lindépendance du peuple noir en Amérique.Cette idée sexprime au niveau territorial par la volonté de créer un État indépendant noir, par exemple dans le Sud des États-Unis, quitte à organiser un déplacement massif des Noirs vers ce nouveau pays. Point 4 du Muslim program de 1965, toujours en vigueur Site officiel de la NOI.. Ce projet na cependant jamais réellement été soutenu par des initiatives concrètes : ».
Le changement de nom, et parfois du prénom, est une règle de la communauté, et serait dû à un commandement de Wallace Fard Muhammad lui-même. Il sagit pour le nouvel adhérent daffirmer la rupture symbolique avec son passé dincroyant, mais aussi dexprimer le refus du , et donc lindépendance vis-à-vis du monde blanc. Les déportés africains aux États-Unis recevaient en effet un prénom chrétien et un nom de familleLe nouveau nom de famille pouvait être le nom de famille du propriétaire, celui dune personnalité quappréciait ce dernier, ou une caractéristique physique du déporté., tous deux imposés par le propriétaire du nouvel esclave.
Les prénoms des nouveaux membres de la NoI ne sont pas toujours changés, mais quand ils le sont cest au bénéfice de prénoms islamiques. Les noms de familles sont également fréquemment changés, généralement en faveur dun nom musulman, mais parfois aussi dun nom africain ou dun « X » symbolique, exprimant leffacement du patronyme historique par lesclavage.
Lindépendance doit aussi se construire dans le domaine économique. Nation of Islam a très tôt insisté sur la nécessité pour les Noirs en général, et les « Musulmans noirs » en particulier, de construire des entreprises noires et dacheter préférentiellement dans ces entreprises. Il sagit dune part dacquérir un statut social plus favorisé, et dautre part de ne plus dépendre des patrons blancs, accusés de racisme. À ce titre, lorganisation a créé dès les années 1930 des entreprises sous son contrôle, mais a aussi encouragé ses membres à créer leurs propres entreprises, tout en favorisant lemploi des membres de la communauté et les relations économiques avec les autres sociétés « musulmanes ». Le succès a été en partie au rendez-vous, et un tissu petit mais actif dentreprises liées directement ou indirectement à la NoI sest affirmé avec les années.
Un code vestimentaire exprimant cette volonté dascension sociale est demandé aux membres de lorganisation. Pour les hommes, il sagit du port dun strict costume trois-pièces, avec cravate, ou fréquemment avec un nud papillon. Pour les femmes, il sagit de tenues modestes mais correctes. Dun point de vue général, Nation of Islam demande à ses membres de rejeter tout laisser-aller vestimentaire exprimant léchec social, et daffirmer symboliquement leur volonté dascension sociale.
Lindépendance doit enfin se construire dans le domaine intellectuel. La NoI accuse en effet le système américain de léducation davoir toujours maintenu les Noirs dans une situation déchec scolaire et dexclusion des universités (situation qui a cependant beaucoup évolué depuis les années 1960), et davoir développé des programmes ethno-centrés développant le mépris pour les Noirs et les civilisations extra-européennes. À ce titre
Synthèse :
Au final, lislam est réinterprété dans un sens très hétérodoxe par Nation of Islam. Le groupe apparaît comme portant à la fois un message politique (le nationalisme noir et lindépendance), social (la nécessité dune amélioration de léducation et de lautonomie économique des Noirs) et religieux (la constitution dune religion par et pour les Noirs, couplée avec un « code moral puritain »). Le nouveau groupe na donc pas été reconnu comme musulman par les groupes musulmans orthodoxes des années 1930. La faction Black Muslims restée au début de fidèle aux enseignements originels nest toujours pas reconnue comme musulmane, mais comme une secte http://www.infoislam.ca/articles/sectes.htm" title="Le point de vue à ce sujet du site musulman francophone Info-Islam" target=_blank>Le point de vue à ce sujet du site musulman francophone Info-Islam.Développement :
En trente ans, de 1934 à 1964, lorganisation va connaître un développement important, sans crise intérieure notable.Consolidation :
Sous la direction dElijah Muhammad, le groupe devient très missionnaire. Avec le temps, ses prêcheurs ont porté ses enseignements, des rues et des halls de réunion aux prisons américaines. Le nouveau groupe a surtout Islam in America : From African Slaves to Malcolm X, Thomas A. Tweed, University of North Carolina, http://www.nhc.rtp.nc.us/tserve/twenty/tkeyinfo/islam.htm., encore que la progression ait été lente à ses débuts. Les milieux noirs très chrétiens du sud des États-Unis, souvent fortement structurés en communautés rurales regroupées autour dun pasteur, se sont en revanche montrés très difficiles à pénétrer.Dès les années suivant la disparition de son fondateur, Nation of Islam met en place le Saviors Day (jour du sauveur), chaque 26 février, date anniversaire de la naissance supposée du Selon le texte de la prière du Saviors Day de 1936 http://www.muhammadspeaks.com/HappySavDay1936.html. Avec le temps, le Saviors Day est devenu une fête religieuse importante de la communauté, servant de marqueur de lidentité de celle-ci, et donnant certaines années lieux à des rassemblements de masse.
En 1934 a lieu la première diffusion de The Final Call to Islam, premier journal de la NoIDaprès larticle de Askia Muhammad publié sur le site de The Final Call (actuel hebdomadaire de lorganisation) le 10 mars 2000 http://www.finalcall.com/national/savioursday2k/m_speaks.htm.. Celui-ci et ses successeurs auront des publications intermittentes, mais qui se renforceront avec le temps, améliorant la capacité de communication de la NoI.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la jeune organisation, encore très modeste, a déjà ses lieux de culte (encore appelés « temples » à lépoque), son idéologie, son encadrement, ses fêtes religieuses et ses organes de communication.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Nation de lislam affirme son opposition au gouvernement américain en refusant toute collaboration à leffort de guerre. Daprès un rapport du FBI N° 100-9129 du 30 septembre 1942, Elijah Muhammad aurait, . Daprès un rapport du FBI du 19 décembre 1942, Elijah Muhammad serait à cette date (il a été arrêté fin septembre 1942). En 1943, encore très petite, Nation of Islam est décrite par un rapport du FBI comme étant pour leffort de guerre en indiquant . Ce rapport indique aussi que Rapport du FBI N° 100-12899 du 10/08/1943. Dossier PDF http://foia.fbi.gov/fard/fard1.pdf, P. 19..
Ces rapports confirment le rapport très oppositionnel des membres de la NoI avec le gouvernement américain, même en période de crise. La NoI nayant que quelques centaines de membres à lépoque, son impact sur leffort de guerre américain a été nul. La guerre a cependant été un moment où lorganisation a pu affirmer de façon spectaculaire son opposition frontale au , contribuant ainsi à se faire connaître.
Après la guerre, la pression policière sestompe, et la NoI peut reprendre ses efforts de développement. Muhammad lui-même sort en 1946 de la prison fédérale de Milan, Michigan, ou il se trouvait depuis 1942. En 1952, la NoI recrute Malcolm Little, plus connu sous le nom de Malcolm X, qui deviendra un artisan important du fort développement des années 1950 et du début des années 1960.
Expansion : les Années Malcolm X :
Les années 1950 et le début des années 1960 ont vu lorganisation passer de quelques centaines de membres (500 estimés en 1952) à des dizaines de milliers ( estimés en 1963). Free At Last ?, Carl F. Ellis Junior, Downers Grove, InterVarsity Press, 1996, p. 100., et devient le leader le plus visible et connu de la NoILe christian research institute nhésite pas à le considérer comme le Saint Paul de la NoI, et le principal responsable de lexpansion rapide de lorganisation http://www.equip.org/free/DI200-4.pdf (PDF)., surtout après sa nomination comme « porte-parole national de Nation of Islam ».Malcolm Little (1925-1965) est né à Omaha, dans le Nebraska. Son père était un prédicateur baptiste et un défenseur de Marcus Garvey (un nationaliste noir), et est mort de façon controversée (peut-être assassinéLa police a considéré la mort comme un suicide, ce que conteste Malcolm X. Voir Malcolm X et Alex Haley, The Autobiography of Malcolm X, p.11, ) en 1931. Après une scolarité prématurément interrompue et des placements dans différents foyers daccueil, Malcolm Little sinstalle à Boston, chez sa demi-sur, puis part pour Harlem (New York), où il devient rapidement un délinquant.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est réformé 4-F (mentalement perturbé)Voir la page 6 du dossier du FBI.. Daprès son autobiographie, il aurait déclaré, en vue dêtre refusé, quil voulait une arme pour , terme péjoratif désignant les blancs. Bien avant son autobiographie, le FBI cite dailleurs un courrier du 29 juin 1950 ou il écrit Page 7 du dossier du FBI..
À 21 ans, en 1946, il est condamné à une peine de huit à dix annéesAux États-Unis, les peines de prison peuvent être définies par une fourchette, la durée précise étant décidée plus tard, au vu du comportement du prisonnier. de prison suite à des cambriolages. En 1948, son frère Reginald, qui sest converti à Nation of Islam, lui adresse un courrier où il le presse de se convertir, ce quil fait peu de temps après. Après sa conversion, il devient un prisonnier avide de lecture, se constitue une bonne culture autodidacte et commence à correspondre par courrier avec Elijah Muhammad.
Après sa libération en août 1952, il rencontre celui-ci à Chicago. Selon une des pratiques de la NoI, il change son nom de familleEn Amérique, les noms de famille des Noirs datent en général de la période de lesclavage et ont été donnés par les propriétaires desclaves, doù leur refus par Nation of Islam. Les noms sont remplacés par des noms musulmans, africains, ou par un « X » exprimant linconnue du nom originel africain., et prend celui de « X ». Repéré par Elijah Muhammad, il devient un prêcheur efficace et dynamique, dune grande loyauté vis-à-vis de celui-ci. Pour ces raisons, il monte rapidement les échelons de la petite organisation quest encore Nation of Islam.
Six mois seulement après sa libération, en février 1953, preuve de son importance croissante, le FBI ouvre un dossier le concernant. Il y est suspecté de sympathies communistesVoir le dossier du FBI sur Malcolm X, mis en ligne dans le cadre du Freedom information act..
En 1953, à 27 ans, il devient dabord un assistant du temple N° 1, puis le responsable du temple N° 11, à Boston. En 1954, il devient celui du temple N° 7 de Harlem (New York), sur Lenox Avenue, puis ouvre de nombreux temples à travers le pays. Le rapport du FBI du 16 mars 1954 le décrit . Ses discours enflammés et sa personnalité charismatique en font bientôt lhomme le plus en vue de Nation of Islam après Elijah Muhammad.
Lorganisation se développe rapidement dans les milieux noirs et pauvres, et bénéficie également indirectement du développement de la lutte pour les droits civiques des Noirs (à partir de 1955) ainsi que du développement du militantisme noir qui laccompagne. Les prêches ont un succès particulier dans les prisons.
Entre 1952 et 1963, Nation of Islam serait passé de 500 à membresVoir la page consacrée à Malcom X sur le site de Radio-Canada, ou The official website of Malcolm X.. Cette croissance spectaculaire est due à la rencontre entre le réveil du militantisme noir dans tout le pays et une idéologie de la fierté noire particulièrement radicale. Mais il est indéniable quelle est aussi largement due à lactivité missionnaire de Malcolm X. Cest dans le cadre de cette croissance spectaculaire des adhésions quen 1955 Louis Eugene Walcott, chanteur de Calypso et violoniste, rejoint la Nation de lislam, et prend le nom de Louis Farrakhan. Nation of Islam attire aussi le célèbre boxeur Cassius Clay, qui prendra le nom musulman de Mohammed Ali.
À partir de la fin des années 1950, la NoI gagne une visibilité médiatique croissante. Cest en particulier le documentaire télévisé de Mike Wallace en 1959, The Hate that Hate Produced (« la haine que la haine a produit »), qui révèle la NoI au niveau national. Meilleur orateur de lorganisation, Malcolm X devient un habitué des plateaux télévisés, et est régulièrement interviewé par la presse écrite et radiodiffusée. À lheure des premières indépendances africaines et de la lutte pour les droits civiques des Noirs, la croissance rapide de la NoI inquiète et fascine les médias. Preuve de limportance croissante de lorganisation, X est intégré en tant que représentant de la NoI au sein dun comité de personnalités noires de divers horizons qui rencontre Fidel Castro le 19 septembre 1960Voir le site de la Columbia University, lors de la visite de celui-ci aux États-Unis.
Le 24 décembre 1959, Elijah Muhammad et ses fils font le pèlerinage à La MecqueLivres : Eric Lincoln, The Black Muslims in America ; Louis Lomax, When the word is given ; E.U. Essien-Udom, Black Nationalism.. Malgré son éloignement de lislam orthodoxe, les autorités saoudiennes ont laissé le leader de Nation of Islam participer au hadj pour des raisons inconnues, peut-être par ignorance de lorganisation.
Malcolm X nest pas le seul vecteur médiatique de lorganisation. Celle-ci sexprime aussi largement à travers la presse noire américaine. . Certains de ces journaux avaient une large diffusion, puisque le The Pittsburgh Courier auraient distribué copies par semaine en 1957.
Au début des années 1960, Elijah Muhammad souhaite cependant bénéficier de son propre organe de presse. Les publications de lorganisation existaient depuis les années 1930 (première publication de The Final Call to Islam en 1934), mais manquaient de régularité et denvergure. En 1961 parait le journal national Muhammad Speaks. Celui-ci reprend partiellement le titre dun journal local créé à New York en 1960 par Malcolm X (alors à la tête du temple N° 7) : Mr. Muhammad Speaks. Daprès The Final Call (hebdomadaire de la NoI), la création du nouveau journal est aidée par . Le journal paraît au départ mensuellement, mais gagne progressivement en diffusion, touchant un public noir pouvant aller au-delà du cercle de la communauté. En 1969, le journal aurait diffusé exemplaires par semaine, et jusquà en 1974.
Enfin, dans les années 1950 se développe ce qui est souvent présenté comme la branche paramilitaire de lorganisation : Fruits of Islam. Fruit of Islam est présenté par la NoI comme le service dordre de lorganisation, dédié à la sécurité des responsables et des militants. Pour ses détracteurs, Fruits of Islam est en fait une force paramilitaire potentielle. Le groupe recrute chez des anciens policiers, militaires, mais aussi délinquants, et applique une très stricte discipline interne.
Départ de Malcolm X :
À partir du début des années 1960, plusieurs controverses vont progressivement éloigner Malcolm X et Elijah Muhammad.Tout dabord des affaires de murs : des rumeurs couraient depuis quelque temps sur les nombreux adultères commis par Elijah Muhammad avec de jeunes secrétaires du mouvement. Warith Deen Muhammad, le propre fils dElijah Muhammad, et un ami proche de X, informa ce dernier Brother Minister: The Martyrdom of Malcolm X, Alona Wartofsky, Washington Post, 17 février 1995, http://www.washingtonpost.com/wp-srv/style/longterm/movies/videos/brotherministerthemartyrdomofmalcolmx_c0098f.htm. Ladultère est totalement contraire aux enseignements de Nation of Islam. Après avoir écarté ces informations, Malcolm X aurait fini par en obtenir confirmation en 1963. Elijah Muhammad lui-mêmeDaprès lautobiographie de Malcolm X, 1965, P. 299 de lédition américaine. aurait fini par indiquer quétant lenvoyé de Dieu sur terre, il nétait pas soumis aux même règles que le commun des mortelsNation of Islam conteste, et parle dune . Voir An historical look at the honorable Elijah Muhammad.. Ces évènements semblent avoir fortement altéré la confiance de X dans la sainteté dElijah Muhammad.
Le second sujet de divergence porte sur la politique : Malcolm X était intéressé par le mouvement pour les droits civiques des Noirs tels quil se développait depuis 1955. Si lidéologie officielle du mouvement était opposée au nationalisme noir, et revendiquait simplement un statut daméricain normal pour les Noirs, X considérait quil devait y avoir une présence des nationalistes noirs et des black muslims dans ce qui apparaissait comme le premier grand mouvement de masse noir de lhistoire des États-Unis. Elijah Muhammad était par contre hostile à la fin de la ségrégation raciale : THE MUSLIM PROGRAM, texte dElijah Muhammad, sur le site officiel de la NOI. et au soutien à un mouvement dans lequel se trouvaient de nombreux blancs progressistes. Il craignait la dissolution des Noirs dans un ensemble américain dominé par les Blancs.
Le troisième contentieux porte sur la religion : Malcolm X a commencé à sintéresser à lislam sunnite officiel, et sest rendu compte que la religion prêchée par Elijah Muhammad en était très éloignée. Lintérêt montré par X à légard de lislam orthodoxe ne pouvait donc que léloigner de son mentor.
On peut enfin citer des divergences dambitions : laura de X au sein de la communauté noire en général et de Nation of Islam en particulier, sa médiatisation importante, semblent avoir inquiété Elijah Muhammad.
En 1963, après lassassinat du président Kennedy, toutes ces divergences éclatèrent sur la place publique, après une déclaration controversée de X. Celui-ci déclara en effet que la violence que Kennedy navait pas pu arrêter se retournait contre lui. Il ajouta ( - En français, Chickens coming home to roost a une signification proche de « qui sème le vent récolte la tempête »). Cette phrase pouvait se comprendre comme une approbation de lassassinat. Elijah Muhammad désavoua cette déclaration, et interdit à X toute déclaration publique pendant 90 jours, injonction à laquelle Malcolm X obéit. Mais les relations entre les deux hommes atteignaient leur point de rupture. Dans son autobiographie, X affirme même quun de ses assistants lui aurait alors indiqué avoir reçu lordre de la direction de la NoI de le tuerDaprès lautobiographie de Malcolm X, 1965, P. 308 de lédition américaine..
Le 8 mars 1964, Malcolm X annonça son départ de la Nation de lislam. Le 12 mars, il annonçait la création de sa propre organisation « The Muslim mosque inc. ». Peu de temps après, il se convertit à lislam sunnite orthodoxe. Le 13 avril 1964, Malcolm X partit de laéroport John Fitzgerald Kennedy pour faire le pèlerinage à la Mecque (le hajj) dont il revint sous le nom musulman de Malik El-ShabazzIl est à noter que dans les dossiers du FBI apparaissent la reproduction de lettres du début des années 1950, que X signe sous le nom de Malachi Shabazz, une version très proche de son nouveau nom musulman de 1964. Voir par exemple la page 10 du dossier PDF http://foia.fbi.gov/malcolmx/malcolmx1.pdf.. Sa femme et ses filles prirent alors le nom de famille de Shabazz.
Il condamna le racisme anti-blanc de Nation of Islam. Mais Malcolm X resta fidèle à une action tournée de façon privilégiée vers le peuple noir. Il refusa aussi de condamner la violence des opprimés, et eut des paroles assez dures pour les tenants de la non-violence, quil accusa dencourager à la soumissionVoir à ce sujet son célèbre discours du 3 mai 1964, peu après son retour de la Mecque , où il menace de recourir à la violence, et traite certains politiciens blancs de crackers, un terme péjoratif anti-blanc..
Peu de temps après son retour de la Mecque, Malcolm X fonda l« organisation pour lunité afro-américaine », un groupe politique non religieux. Il affirme ainsi sa volonté de mener à la fois une lutte religieuse pour lIslam, et une lutte politique pour les Noirs, les deux fonctionnant de façon autonome.
La tension entre Malik El-Shabazz et Nation of Islam ne cessa de croître. Le 14 février 1965, sa maison fut lobjet dun attentat à la bombe, et il fut assassiné de 15 balles le 21 février 1965. Deux mois auparavant, Louis Farrakhan avait écrit Voir sur le site de CBS le compte rendu de son émission 60 Minutes de janvier 2007, ou Farrakhan a admis pour sen excuser .. Trois membres de Nation of Islam seront reconnus coupables en 1966 : Norman 3X Butler, Thomas 15X Johnson et Talmadge Hayer. Lorganisation elle-même niera toute participation à lassassinat. . Celui-ci a admis au début 2007 , tout en niant une implication directe de lorganisation. En 1994, Qubilah Shabazz, une des filles de Malcolm X sera arrêtée et inculpée pour avoir payé un tueur à gage chargé de tuer Farrakhan, accusation abandonnée en 1995Sur la vision de La NoI sur laffaire, voir cette page http://web.archive.org/web/20010821094226/www.subliminal.org/archive/deefiles/shabazz/qs-sanction.html. Il a également été envisagé que le FBI ait eu connaissance du projet dassassinat et lait couvert, voire aidé. Cette hypothèse a été reprise par la NoIAn historical look at the honorable Elijah Muhammad..
À sa mort, le projet de Malcolm X de créer un islam sunnite au sein de la communauté noire, intégré dans lislam mondial et rompant avec le racisme semble un échec. Son organisation restera groupusculaire, et Elijah Muhammad maintiendra fermement son emprise sur lislam noir américain jusquà sa mort, en 1975.
Évolution vers le sunnisme :
Le 26 février 1975, Elijah Muhammad meurt. Conformément à ses croyances numérologiques, il désigne son septième fils, Warith Deen Muhammad (né Wallace D. Mohammed en 1933) pour lui succéder.Warith Deen Muhammad reconnaîtra plus tard avoir été influencé par la pensée de Malcolm X (dont il était un ami proche), lequel sera dailleurs réhabilité par le mouvement (une mosquée prendra même son nom).
En trois ans, entre 1975 et 1978, il transforme de fond en comble lidéologie du mouvement, et lamène sur une base religieuse sunnite, tout en rompant avec lidéologie raciste et nationaliste de son père. Propos rapportés par The Atlanta Journal Constitution, 4 mai 1985, p. 3C.. Le projet dun État indépendant pour les Noirs est donc abandonné.
La forte centralisation typique de Nation of Islam est réformée, afin de favoriser une large décentralisation des mosquées, plus conforme à la tradition du sunnisme : . Les communautés relevant de ce mouvement sont ouvertes à toutes les races, même si elles restent en pratique surtout composées dafricains-américainsLe Council on American-Islamic Relations indiquait dans une étude de 2001 sur les mosquées (toutes ethnies confondues) que (P.17) mais que (P.19). Ce sont donc 31 % des mosquées américaines qui sont à très forte prédominance afro-américaine, pour une proportion de ce groupe dans les pratiquants (pas forcément des croyants) musulmans aux États-Unis de 30 %. Soit une très forte homogénéité ethnique http://www.cair-net.org/mosquereport/Masjid_Study_Project_2000_Report.pdf - PDF)..
Warith Deen Muhammad est devenu un leader religieux respecté et incontournable aux États-Unis. Il lui sera demandé en 1992 de faire une prière au sénat américain, et cest lui qui fera la prière musulmane lors de la prière interconfessionnelle pour linvestiture du président Clinton, en 1997Voir le site The mosque cares, un site institutionnel dépendant de Warith Deen Muhammad..
Refondation de Nation of Islam :
En 1978, un groupe de membres historiques de la Nation de lislam, dirigés par Louis Farrakhan, décide de se réorganiser autour des enseignements de Elijah Muhammad. En 1981, Louis Farrakhan proclame officiellement la restauration de la Nation de lislam, et la fidélité aux dogmes de Elijah Muhammad. La « nouvelle » NoI saffirme comme la légitime continuatrice de lorganisation créé par Elijah Muhammad, tant au plan religieux quau plan du nationalisme afro-américain. En pratique, le contexte a évolué par rapport aux années 1930 ou 1960, en particulier dans trois domaines :- le rapport aux autres Noirs. Avec le développement de la déségrégation et le développement dune classe moyenne noire mieux intégrée, la NoI a été amenée à développer un dialogue plus important avec les autres groupes de la communauté noire que ce que pratiquait Elijah Muhammad. Sous la direction de Louis Farrakhan, lorganisation est même devenue très unitaire, insistant sur la nécessaire unité de la communauté noire, alors quElijah Muhammad restait à lécart des grandes organisations noires anti-ségrégation : . Pour Bio Sketch of the Honorable Minister Louis Farrakhan..
- Le rapport aux autres musulmans noirs. Suite aux réformes du fils dElijah Muhammad, les sunnites sont devenus majoritaires au sein des communautés Black Muslims. Lobligation de se définir par rapport à eux est donc devenue essentielle, et a entrainé un rapprochement avec les pratiques sunnites, même si les doctrines restent différentes sur certains points.
- Le rapport à la société américaine en général. Avec son développement et son institutionnalisation, lorganisation a dû évoluer quant à son rejet radical des États-Unis. La critique est toujours là, mais le refus des membres de la NoI de se considérer comme américains, refus souvent répété à lépoque de Elijah Muhammad est progressivement tombé en désuétude avec lappel à participer aux élections, même si la revendication dÉtat séparé na pas été retiré du muslim program de 1965, toujours officiellement en vigueur.
Campagne présidentielle de 1984 :
Nation of Islam sest Louis Farrakhan Is Not a Muslim, par Daniel Pipes, Washington Post, 2 juillet 1984 http://www.danielpipes.org/article/167. Le soutien à ce candidat à linvestiture démocrate pour les élections présidentielle de novembre 1984 est une innovation par rapport à lattitude traditionnellement distante de la NoI par rapport aux institutions américaines et aux autres organisations afro-américaines. Lorganisation de Louis Farrakhan insiste désormais sur son soutient à tout ce qui peut faire avancer la condition noire au États-Unis. .En avril 1984, , il mènerait « Citation de Louis Farrakhan rapportée dans Louis Farrakhan Is Not a Muslim », par Daniel Pipes, Washington Post, 2 juillet 1984 http://www.danielpipes.org/article/167. Ce type de déclaration « anti-américaine », ainsi que limage anti-blanche et anti-juive de lorganisation a posé certains problèmes à Jesse Jackson, qui a dû prendre ses distances. La campagne de Jesse Jackson a cependant été un moment important pour Nation of Islam, qui sest ainsi retrouvée sous le feu des médias, et a pu affirmer son militantisme noir, trois ans seulement après la refondation officielle de lorganisation.
Développement de lIslam noir américain :
À partir du début des années 1980, la NoI et les sunnites suivant le fils de Elijah Muhammad se développent de concert, obligés cependant de se définir lun par rapport à lautre.Les orthodoxes limitent la spécificité ethnique de leur mouvement. Tout en conservant une sensibilité afro-américaine marquée, ils insistent sur leur intégration dans lislam mondial et au sein de la nation américaine. À ce titre, ils suppriment les spécificités théologiques qui les différenciaient des autres musulmans, et ils insistent sur la compatibilité entre le fait dêtre un bon musulman, et un bon AméricainAinsi, la page dentrée du site The mosque cares, un site institutionnel dépendant de Warith Deen Mohammed, indique sous un drapeau américain : .. Linterdiction de voter ou de sengager dans larmée a été levéeVoir par exemple http://www.answers.com/topic/mohammed-warith-deen.. Les partisans de Warith Deen Muhammad San Francisco Chronicle, 28 mars 1985.. Warith Deen Muhammad participera ainsi à une prière cuménique au congrès américain dans les années 1990, sous la présidence de Bill Clinton.
La NoI, de son coté, reste officiellement fidèle à ses particularismes, tant théologiques (vis-à-vis du sunnisme) que politiques (vis-à-vis des États-Unis). On note cependant une certaine évolution des pratiques de lorganisation. Les citations du Coran se font plus nombreuses, les « temples » sont rebaptisés « mosquées », le respect des cinq piliers de lislam est mis en avant, lattitude anti-blancs est fortement modéréeLouis Farrakhan, Interview à NBC en 1997., le vote aux élections est désormais encouragé. On peut y lire une tentative dadaptation de lorganisation face à la légitimité religieuse islamique plus importante des black muslims sunnites, mais aussi la volonté dobtenir une certaine respectabilité en rapport avec le poids croissant de la NoI.
The million man march de 1995 :
Il sagit dune grande manifestation organisée à Washington DC en 1995 par la NoI. Il ne sagit cependant pas dune manifestation religieuse, mais dune manifestation communautaire, sociale et politique. . Les objectifs de la marche sont lencouragement des africains-américains à voter lors des élections américaines (ce qui est en rupture avec le traditionnel abstentionnisme de lépoque dElijah Muhammad), et lencouragement des membres de la communauté à se prendre en main pour sortir des problèmes de délinquances, de drogue et de pauvreté. Les orateurs critiquent également beaucoup les réductions par le congrès républicain issu des élections de 1994 (dans la cadre du programme « contrat avec lAmérique ») des programmes daides sociales, comme le Medicaid, les programmes de logement, les bourses détudiants et les programmes déducation.La manifestation se veut ouverte à tous les hommes noirs, mais ni aux femmes ni aux Blancs. En pratique, un certain nombre de femmes noires ont participé à la manifestation, mais de façon assez minoritaire. Ces exclusions par le sexe ou la race ont provoqué de fortes polémiques.
Le nombre exact des participants a été discuté ( pour la police« Crowd Estimates », par Monte Reel, Washington Post, Page A15, 19 janvier 2003, http://www.washingtonpost.com/ac2/wp-dyn?pagename=article&contentId=A12060-2003Jan18¬Found=true, 1,5 à 2 millions pour les organisateurs« The return of the Million Man March: Why is it even an issue ? », Anthony Asadullah Samad-Guest, The final call (journal de la NoI), 19 janvier 2005, http://www.finalcall.com/artman/publish/article_1822.shtml), mais semble se situer un peu en-dessous de 1 million. Le succès de la marche en a fait une des références de la NoI actuelle, qui lutilise abondamment dans sa communication, en particulier avec la notion de Million more movements, appel lancé en 2005 à lensemble de la communauté noire pour organiser dautres grandes mobilisations à travers les États-Unis.
Au-delà du nombre de participants, la marche est un succès politique pour la NoI, laquelle a obtenu la participation de lassociation des élus démocrates noirs à la Chambre des représentants des États-Unis (le Black Caucus), et même la participation dun élu républicain.
The million march man de 1995 confirme la dimension très politique et pas seulement religieuse que Nation of Islam a pris, au contraire des musulmans noirs sunnites. Bien que ceux-ci représentent probablement plus de 80 % ou 90 % des Black Muslims américains, ils apparaissent de fait comme moins militants dans le domaine politique, et donc comme moins visibles. Grâce à cet activisme, la NoI arrive à influencer des Black Muslims sunnites. Le cas de Keith Ellison est de ce point de vue révélateur. Bien que converti à lislam sunnite en 1983, et bien que pour tout sunnite orthodoxe la NoI ne puisse être quune secte non musulmane, il sest très fortement rapproché delle au moment de la marche, avant de sen éloigner à nouveau. De fait, alors que les musulmans extérieurs à la communauté noire rejettent généralement très fortement la NoI, les Black Muslims sunnites montrent souvent une certaine sympathie pour celle-ci, non pas tant pour son discours religieux (trop hétérodoxe) que pour son discours et sa pratique militante en faveur de la communauté noire. Le séparatisme racial toujours revendiqué par la NoI nest par contre pas accepté.
Au-delà de son succès événementiel, The million march man de 1995 apparaît donc comme un marqueur de la capacité quà la NoI actuelle à influencer la communauté noire bien au-delà de ses frontières religieuses.
International :
À compter des années 1980, Louis Farrakhan a déployé une action grandissante à lextérieur des États-Unis dAmérique. Certaines de ces actions visent à implanter de nouvelles filiales de la Nation de lislam, dautres semblent surtout avoir un objectif en terme dimage, et dautres enfin visent à lobtention de financements.En matière de création de nouvelles branches de la NoI, le résultat semble avoir été modeste. La branche canadienne serait la plus développée, eu égard à sa proximité avec le centre historique de lorganisation, dans le Nord-Est des États-Unis. Une branche dissidente de lorganisation y a même été créée en 1997, Nation of Islam of CanadaVoir le site de Nation of Islam of Canada : http://noic.ca/home.html.. Il existe une petite branche françaiseVoir le site internet officiel de la branche française de la Nation de lislam http://www.nationdelislam.com/, ainsi que larticle en anglais sur le site de Final Call, lhebdomadaire de la NoI : Nisa Islam Muhammad « Nation of Islam in Paris, France », FinalCall.com, 10 janvier 2007., ou s'est formé idéologiquement (avant de la quitter) le militant noir radical Kemi SebaNoir et Français, écrit par Stephen Smith et Géraldine Faes, 2006. Lorganisation a également essayé sans grand succès de simplanter en Grande-Bretagne dans les années 1990. Lorganisation nen revendique pas moins . Ces activités en dehors des États-Unis dAmérique sont parfois mal perçues. Ainsi, le gouvernement britannique a-t-il interdit lentrée sur son territoire à Louis Farrakhan en 1986, suite à sa déclaration selon laquelle Hitler avait été Daprès une dépêche de lagence Reuters du 17 janvier 1986, reproduite dans The New York Times http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9A0DE2DA1039F934A25752C0A960948260&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fPeople%2fF%2fFarrakhan%2c%20Louis..
Louis Farrakhan a prêté une attention particulière à lAfrique, et y a effectué plusieurs voyagesVoir plusieurs exemples de ces voyages sur le site de la NoI : http://www.noi.org/mlfbio.htm., bien quune implantation permanente ne semble pas avoir été obtenue, ni forcément recherchée.
En 1986, par exemple, Farrakhan organise un voyage de cinq jours au Nigéria Daprès une dépêche de lagence Associated Press du 9 février 1986, reproduite dans The New York Times http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9A0DE5D91131F933A25751C0A960948260&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fPeople%2fF%2fFarrakhan%2c%20Louis. , provoquant certaines réactions négatives dans le paysDaprès une dépêche de lagence Reuters du 10 février 1986, reproduite dans The New York Times http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9A0DE5D91131F933A25751C0A960948260&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fPeople%2fF%2fFarrakhan%2c%20Louis..
En mai 1993, Farrakhan se rend Le Saviours Day est à lorigine la fête en mémoire de Wallace Fard Muhammad, et était placée le 26 février. Louis Farrakhan a déplacé le jour de la fête au 7 octobre, date anniversaire de la naissance de Elijah Muhammad. La fête célèbre aujourdhui les deux hommes.. Le président Ghanéen Jerry Rawlings ouvrit et clôtura officiellement cette convention de 5 jours.
Parmi de nombreux autres déplacements, on peut aussi citer la participation du dirigeant de la NoI (dans lassistance) à la cérémonie inaugurale de lUnion Africaine de 2002. Le journal de la NoI a mis en valeur ses rencontres avec Askia Muhammad, « Birth of the African Union », Finall Call (hebdomadaire de la NoI), 17 Juillet 2002..
En 1996, Farrakhan sest rendu en Libye, à lépoque sous sanction des Nations unies, pour recevoir le Prix Kadhafi des droits de lHomme, assorti dune somme de dollarsDaprès The New York Times du 30 août 1996 http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F30615F9345D0C738FDDA10894DE494D81&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fPeople%2fF%2fFarrakhan%2c%20Louis.. Il a depuis été souvent reproché à la Nation de lislam dêtre financée par la Libye.
Le 18 décembre 1997, Farrakhan a pu rencontrer cheik Mohammed Sayed Tantawi, le responsable d'Al-Azhar, la plus prestigieuse mosquée sunnite du monde« Peace mission to North Africa », Askia Muhammad, Chef du bureau de Washington de The final call, le journal de la NoI, http://worldfriendshiptour.noi.org/egypt.html..
Ces voyages renforcent la visibilité médiatique de la NoI, et réaffirment les liens entre lAfrique et . Ils renforcent le rapprochement symbolique avec le monde musulman. Ils entretiennent également certaines polémiques aux États-Unis, autour des liens de lorganisation avec des régimes ou des organisations considérées comme hostiles aux États-Unis, ainsi quautour des sources de financement de lorganisation.
Fruit of Islam :
Fruit of Islam est la branche sécurité de lorganisation. Développée dès les années 1950, cétait à lorigine un simple service dordre, célèbre pour lélégance stricte de ses membres. Sous la supervision de Louis Farrakhan, cest devenu aussi une véritable entreprise de sécurité commerciale, qui loue le service de ses membres à des organisations, des municipalités ou des personnalités. Ainsi, RACHEL ZOLL, « Farrakhan Illness Casts Doubt on Nation », 1 octobre 2006, Washington Post, http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/10/01/AR2006100100290_pf.html..Par le biais de filiales commerciales, Fruit of Islam, réputée pour son efficacité, a contracté un certain nombre de contrats avec des municipalités. Ainsi, Lillian Ickowicz, « Strange fruit », 17 février 1998, The Australia/Israël review, http://www.aijac.org.au/review/1998/231/noi2.html..
Bien que les firmes liées à FoI aient de bons résultats, elles sont lobjet dune certaine suspicion des médias. Plusieurs points inquiètent.
Dune part, ces firmes recrutent beaucoup chez danciens détenus. Il sagit là dune caractéristique de tous les groupes black muslims, qui ont une activité importante dans les prisonsMalcolm X fut converti en prison. en vue damener les détenus à la « repentance » et au « salut ». Cette activité missionnaire et dailleurs dans une certaine mesure favorisée par les autorités carcérales elles-mêmes, à travers les aumôniers musulmans. La stricte discipline, qui est une des caractéristiques de Nation of Islam en général et de Fruit of Islam en particulier, a à ce jour évité tout débordement important, malgré certains problèmes (usage excessif de la force ou défaut de coopération avec la police, par exemple).
Dautre part, certains craignent le développement dune véritable branche paramilitaire de la NoI, en relation avec ses objectifs « anti-américains », comme la création dun État noir indépendant (cet objectif est toujours affiché sur le site de la NoI, mais ne semble pas activement défendu). À ce titre, certaines déclarations ont pu renforcer les soupçons. Ainsi, .
Enfin, certains voient dans FoI un des indices de la transformation de la NoI de structure religieuse en entreprise économique.
De son coté, la NoI ne nie pas recruter danciens délinquants. Ainsi Saeed Shabazz, « Boston fights against systemic roots of violence », 26 juillet 2006, Final call, http://www.finalcall.com/artman/publish/article_2791.shtml.. Mais elle insiste sur sa capacité à les ramener du coté de la loi, et sur la compétence quils apportent dans la compréhension de la délinquance : en matière de sécurité, . Lorganisation insiste dailleurs toujours sur les causes sociales et morales de la violence : , et .
Au-delà de ces polémiques, Fruit of Islam témoigne du dynamisme de la NoI, bien au-delà de son positionnement religieux originel, la réputation defficacité de Fruit of Islam participant dailleurs à la popularité de Nation of Islam dans des quartiers pauvres en proie à la délinquance.
Idéologie : entre fidélité et évolution :
Lidéologie de la NoI a été exprimée en 12 points par Elijah Muhammad dans son Message to the Blackman in America publié en 1965On peut voir ces 12 points sur Le site web officiel de Nation of Islam, plus particulièrement sur cette page. Bien quil ny ait pas dévolution sur ces dogmes, linterprétation que la « nouvelle » Nation of Islam en donne sest quelque peu normalisée. La revendication dun « islam » particulier, ou celle du séparatisme noir (État indépendant, écoles séparées, refus des mariages mixtes) sont donc toujours officiellement en vigueur, mais avec des inflexions.Le rejet du christianisme, religion des blancs, sest fortement atténué. La NoI, conformément à son discours « unitaire » afro-américain a beaucoup développé ses relations avec les pasteurs noirs américains, et ninsiste donc plus guère sur le rejet militant du christianisme.
Les pratiques religieuses se sont aussi rapprochées de lislam sunnite. Farrakhan insiste désormais énormément sur les pratiques classiques de l'islam sunnite, y compris le pèlerinage à la Mecque, et a réussi à rencontrer des dirigeant musulmans important, comme en décembre 1997 le responsable de la grande mosquée Al-Azhar du Caire. Les thèses les plus hétérodoxes de Elijah Muhammad, comme celle selon laquelle le dieu créateur de l'univers a disparu pour revenir sous les traits de Wallace D. Fard ne sont plus mises en avant, sans être officiellement rejetées.
Le racisme anti-blanc nest plus officiellement soutenu : . Le rapport au blanc, et en particulier aux Juifs, est cependant très ambigu : dun côté, les Juifs ont apporté à lhumanité le message de Dieu, et ont donc manifestement un rôle spécial aux yeux de Dieu : Interview de Louis Farrakhan par Jeffrey Goldberg, 1998, intégralement publiée ici : 1 partie, 2 partie, 3 partie.
Dun autre côté, la NoI estime que les Juifs ont été en partie responsable de lesclavage des Noirs et des ses horribles conséquences (cette thèse repose sur un livre très contesté The Secret Relationship Between Blacks and Jews, publié en 1990 sous légide de la NoI) . Steven HahnProfesseur dhistoire des États-Unis à luniversité de Pennsylvanie, auteur de A Nation Under Our Feet : Black Political Struggles in the Rural South From Slavery to the Great Migration, Harvard University Press, Cambridge, 2003. Le livre a obtenu en 2004 le Pulitzer Prize for History, le Bancroft Prize de luniversité de Columbia, et le Merle Curti Prize in Social History de lOrganisation des Historiens Américains. Voir son article sur :en:Steven Hahn|Steven Hahn critique dans Le Monde diplomatique de mai 2006 ce livre comme étant un Steven Hahn, « Un bobard antisémite », dans Le Monde diplomatique, mai 2006. article..
Plusieurs études universitaires montrent que les sentiments anti-juifs sont toujours bien présents au sein de la NoIVoir par exemple (au format PDF) : Étude dun courant antisémite au sein de la communauté noire américaine dans les années 1990 de François-Xavier Fauvelle-Aymar, Institut dÉtudes africaines (CNRS), Aix-en-Provence ici. Louis Farrakhan a également pu déclarer dans une interview : . Le rejet des autres communautés se fait donc à travers une double thématique, à la fois nationaliste et sociale.
Le Saviours Day, à lorigine la fête en mémoire de Wallace Fard Muhammad, était placée le 26 février. Louis Farrakhan a déplacé le jour de la fête au 7 octobre, date anniversaire de la naissance de Elijah Muhammad. La fête célèbre aujourdhui les deux hommes.
Domaine où la fidélité est totale, Louis Farrakhan insiste énormément, comme Elijah Muhammad, sur la responsabilité de lhomme vis-à-vis de la femme (les mères célibataires abandonnées sont un fléau de la communauté noire), sur le refus de la délinquance, sur limportance de léducation et de la création dentreprise par des Noirs pour sortir de la pauvreté. Ce discours conservateur, apprécié et très militant donne à Farrakhan une aura incontestable au sein de la communauté noire, bien au-delà du cercle de ses fidèles. Il a même attiré ponctuellement les éloges de certains dirigeants du parti républicainJerry Gray, « Kemp Praises Farrakhan For His Focus on Family », the New York Times, 10 septembre 1996, http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=FA0A12FF3B5F0C738DDDA00894DE494D81&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fPeople%2fF%2fFarrakhan%2c%20Louis..
En pratique, le positionnement de Nation of Islam est aujourdhui ambigu :
- Pas sunnite, mais insistant beaucoup sur les points communs avec lislam. En particulier, les membres de Nation of Islam respectent les cinq obligations fondamentales du Musulman, mais leur croyance maintenue selon laquelle Wallace Fard Muhammad était Dieu incarné est inacceptable pour un Musulman orthodoxe.
- Plus officiellement raciste, mais pas toujours très loin dun dérapage.
- Insistant sur la responsabilité des hommes par rapport aux femmes maltraitées de la communauté, mais dans une perspective plutôt sexiste de domination naturelle de lhomme sur la femme - site web officiel de Nation of Islam - 2005..
La perception de Nation of Islam est donc également ambiguë. Son discours noir militant lui donne une réelle influence sur la communauté noire, mais ses positions à la lisière du racisme et les reproches de sexisme lui valent une certaine méfiance. En 2000, Warith Deen Muhammad et Louis Farrakhan se sont ainsi officiellement réconciliésFarrakhan Ends Longtime Rivalry With Orthodox Muslims, Dirk JOHNSON, New York Times, 28 février 2000, http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F60E16FE3E5D0C7B8EDDAB0894D8404482&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fOrganizations%2fN%2fNation%20of%20Islam., mais les divergences nont pas disparu pour autant.
Synthèse :
Malgré les évolutions de Nation of Islam, lIslam sunnite continue de refuser ce groupe comme réellement musulman. Les trois points qui posent le plus problème sont :- laffirmation selon laquelle Dieu (Allah) sest incarné en Wallace Fard Muhammad ;
- le refus de la résurrection physique des morts à la fin des temps. Nation of Islam croit à une résurrection seulement spirituelle ;
- la pensée raciale du groupe, qui se traduit entre autre par son refus de souvrir aux Blancs et par linterdiction des mariages mixtes.
De façon plus générale, Nation of Islam continue dêtre considéré par ses détracteurs, notamment américains, comme un mouvement raciste et antisémite.
Mais dans une partie de la communauté noire, la NoI voit sa popularité croître grâce à son discours mélangeant religion et nationalisme noir. Le poids réel de lorganisation est difficile à apprécier. On estime entre 1 et 2 millions le nombre de black muslims vivant aux États-Unis en 2006Le Council on American-Islamic Relations indiquait dans une étude de 2001 « Les évaluations dune population musulmane totale de 6-7 millions en Amérique semblent raisonnables » (p.6 http://www.cair-net.org/mosquereport/Masjid_Study_Project_2000_Report.pdf), mais dautres études donnent un chiffre moitié moins élevé : 2,8 millions pour le American Jewish Committee (The New York Times du 25 octobre 2001, P. A16). Par ailleurs, létude du Council on American-Islamic Relations indiquait http://www.cair-net.org/mosquereport/Masjid_Study_Project_2000_Report.pdf que les afro-américains étaient 30 % des personnes participant au culte (plus 3,4 % dimmigrants dAfrique sub-saharienne) (p. 18). Sur un total de 3 à 6 millions de musulmans, on arrive ainsi à un chiffre de 1 à 2 millions de Black muslims, conforme aux estimations souvent données. Luniversité de Géorgie (États-Unis) donne par exemple le chiffre de 2,1 millions de musulmans afro-américains http://www.uga.edu/islam/muslimpop_usa.html, tout comme le New York Times dans un article du 28 février 2000 : http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F60E16FE3E5D0C7B8EDDAB0894D8404482&n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fOrganizations%2fN%2fNation%20of%20Islam, et dautres plutôt 1 million http://www.danielpipes.org/article/341.. Entre 5 et 10 % des musulmans noirs relèveraient de mosquées de la NoI ou en seraient des sympathisants. Les membres directs et actifs seraient plutôt entre 20 et , sans quil existe sur ce point (en 2007) une étude faisant lunanimitéVoir par exemple The Impact of Al-Islam on the African American Population.. Mais linfluence de lorganisation dans les domaines non-religieux dépasse aujourdhui nettement ce périmètre.
Voir aussi :
Liens internes :
- Moorish Science Temple of America
- Musulmans noirs américains
- Malcolm X
- Elijah Muhammad
- Wallace Fard Muhammad
- Khalid Abdul Muhammad
- Mouvement des droits civiques aux Etats-Unis
- Nationalisme noir aux États-Unis
Liens externes :
- Le site officiel de la branche française de Nation of Islam.
- LIslam aux États-Unis par le Département dÉtat.
- Enfants dAllah et de lAmérique, Article du mensuel LExpress.
- Lhistoire de la NoI par la NoI, sur le site français de Nation of Islam.
- Lhistoire de la NoI sur un site consacré au racisme anti-blanc.
- Le site officiel de Nation of Islam.
- le dossier du FBI concernant Wallace Fard Muhammad.
- Le dossier du FBI sur Malcolm X, mis en ligne dans le cadre du Freedom information act.
- La vision de Nation of Islam sur Wallace Fard Muhammad.
- Un article du "Metro Times Detroit" sur Wallace Fard Muhammad.
- Muhammad Speaks, site retranscrivant des discours de Elijah Muhammad.
- The final call, hebdomadaire de Nation of Islam.
- Emergence of Islam in the African-American Community.
- Louis Farrakhan and The Nation of Islam PDF.
- How Elijah Muhammad Won.
- Nation of Islam, Encyclopedia Americana.
- A Century of Islam in America PDF.
- Version en ligne de Message to the Blackman in America, par Elijah Muhammad
- Louis Farrakhan and the Nation of Islam: Part One
- A Brief Look at the Roots and Development of The Nation of Islam
Bibliographie :
- Elijah Muhammad, Message to the Blackman in America, Muhammad Mosque of Islam No.2, Chicago, 1965, Version en ligne
- Jocelyne Cesari, LIslam à lépreuve de loccident, Paris, Éditions La Découverte, 2004, 292 pages.
- Daniel de Roulet, Malcolm X Par tous les moyens nécessaires, Desmaret Eds, 09/2004, 64 pages.
- Claude Jeannot, Les États-Unis en fiche, Éditions Bréal, France, pages.
- Gilles Kepel, À lOuest dAllah, Paris, Éditions du Seuil, 1994, 336 pages.
- Malcolm X & Alex Haley, Lautobiographie de Malcolm X, Presses Pocket, 1993.
- Mohamed Rouabhi, Malcolm X, Actes Sud-Papiers, 02/2000.
- F. Steiger, Malcolm X Les trois dimensions dune révolution inachevée, Éditions LHarmattan, 05/2003.
- « Farrakhan, Louis » Microsoft® Encarta® 2006 DVD, Microsoft Corporation, 2006.
- Pascal Dupont, « États-Unis : la garde noire de lislam », Lexpress International, no° 2310, (19 octobre 1995), pp. 92-93.
- Gilles Kepel, « Mais que veut donc Farrakhan ? », Le Monde Diplomatique, no° 1639, (4 au 10 avril 1996), p. 14.
- Karine Fossou et Jon Kalina, « Le pasteur de la haine », France 2, le 26 octobre 1995, 17min, coul.
Filmographie :
- Malcolm X, de Spike Lee, 1992